STATUT, PRIMES, EVOLUTION DE CARRIÈRE, CHARGE DE TRAVAIL

 

SECTIONS ACTION ÉDUCATIVE DES CIRCONSCRIPTIONS : PERSPECTIVES BOUCHÉES…

 

La réforme des rythmes éducatifs de 2013 a chargé profondément la physionomie de l’animation à Paris. Accouchée dans la douleur, au prix d’efforts énormes demandés aux personnels, elle a néanmoins permis une évolution positive de la filière de l’animation en termes de statut : extension importante de la catégorie B de l’animation (passant d’une centaine d’agents à plus de 700 après la mise en place d’un REV par école), création d’un embryon de catégorie A, avec la spécialité Animation chez les CAPSA (pour 8 postes), augmentation du nombre de titulaires de catégorie C et de contractuels.

 

Si les personnels de terrain, les REV, les équipes d’animation, mais aussi les ASEM, ont souvent vécu dans la douleur cette transformation, voyant la charge de travail et les responsabilités s’alourdir à la rentrée 2013 mais aussi au fil des ans, le travail des Sections Action Educative des Circonscriptions a été considérable dans la mise en place et l’accompagnement de la réforme. Depuis, la charge de travail n’a cessé de s’accentuer, d’autant plus que des postes ont été supprimés dans les sections Educative de certaines Circonscriptions.

 

En 2013, les RAE sont, pour la plupart, devenus Chefs de projet ARE. La réforme des Circonscriptions, engagée par la DASCO, leur a donné la fonction de Chef de Pôle Affaires Scolaires, avec la responsabilité d’une part de l’Action Educative et d’autre part des chargés de Coordination (ASEM, ATE, gardiens). D’un point de vue statutaire, les anciens Chefs de projets ont accédé à la catégorie A par examen professionnel dans le corps des CAPSA (une spécialité Animation a été créée pour l’occasion). Cependant, cette avancée, saluée en tant que telle par l’UNSA ANIMATION, ne s’est pas prolongée par la création de passerelles professionnelles qui aurait véritablement concrétisé la construction de la filière de l’animation de la catégorie C à la catégorie A : rien de précis sur les modalités concrètes d’accès au CAPSA Animation et donc d’alimentation de la filière. Le problème se pose avec d’autant plus d’acuité au moment où deux Chefs de Pôle Affaires Scolaires quittent leurs fonctions (sur les CASPE 11-12 et 18), et où rien finalement n’a été prévu pour les remplacer dans le cadre de la filière Animation.

 

L’UNSA ANIMATION réaffirme la nécessité de continuer à construire la filière animation de la catégorie C à la catégorie A. Et ce qui actuellement manque cruellement au dispositif, c’est justement les voies d’accès à la catégorie A.

 

ÉLARGISSEMENT DE LA CATÉGORIE A DE L’ANIMATION AUX RAE

 

Depuis des années, l’UNSA ANIMATION défend que la fonction de RAE (Responsable de l’Action Educative) relève de la catégorie A. Le RAE encadre les CTAE (Coordonnateurs Territoriaux de l’Action Educative) et les CMF (Coordonnateurs des Moyens de fonctionnement) de sa Circonscription : il a donc sous sa responsabilité l’ensemble des REV et des animateurs de sa CASPE, c’est-à-dire des centaines de personnes. Il est inutile de résumer sa « fiche métier » pour savoir qu’il est le pivot essentiel, la cheville ouvrière de l’Action Educative, responsable administratif et pédagogique à la fois, homme (ou femme) orchestre qui doit prendre l’essentiel des décisions concernant l’Action Educative (sous l’autorité du Responsable de Pôle Affaires Scolaires, et en collaboration avec ses adjoints).

 

Le paradoxe, c’est que cette fonction essentielle ne génère aucune prime particulière. Il n’y aucune progression au niveau des primes en passant du statut de RAE Adjoint (CTAE ou CMF) à celui de RAE (sinon par le biais éventuel de la prime de fin d’année). Aucune perspective (actuellement) au niveau statutaire, aucune augmentation de salaire malgré la multiplication des responsabilités : la fonction de RAE risque rapidement de perdre tout pouvoir d’attraction parmi les agents intéressés qui voudraient progresser dans leur carrière.

 

La réforme des Circonscriptions achève de se mettre en place. Il est grand temps à présent d’opérer les adaptations nécessaires au niveau statutaire comme au niveau indemnitaire. Il est indispensable d’ouvrir les perspectives professionnelles, en permettant à la catégorie A de l’animation d’avoir de vraies possibilités de progression et d’intégration. Le « CAPSA » Animation ne peut plus se limiter aux postes de Chefs de pôle Affaires Scolaires : il doit s’étendre aux RAE.

 

L’UNSA ANIMATION demande à la Ville d’engager des discussions sur l’extension de la catégorie A de l’animation (au stade actuel, on peut même parler de « préservation »…), sur l’intégration (et les modalités d’intégration) des RAE en catégorie A, et dès à présent l’octroi d’une prime spécifique de fonction pour les RAE.

PRIMES D’ÉTÉ POUR TOUS LES ADJOINTS AU

COORDONNATEUR DES CLE

 

La réforme des rythmes éducatifs, et ses évolutions successives, la professionnalisation de plus en plus accentuée de l’animation, ont entraîné des changements importants dans le travail des Circonscriptions, une redéfinition des missions, et une montée en puissance de la charge de travail. Les CMF (en général deux par Circonscription) se sont vus attribuer des dossiers qui étaient auparavant répartis entre un nombre plus important d’agents, sans parler des exigences et des demandes nouvelles ; les CTAE, suite aux évolutions dont certaines (la mise en place d’un REV par école) étaient des avancées importantes, ont vu augmenter le nombre d’écoles dont ils avaient la charge, et le nombre de leurs interlocuteurs.

 

Progressivement, au fur et à mesure des départs (retraites, changements d’affectation…), les REV ont commencé à occuper des postes de CTAE ou de CMF. Ils occupent également, beaucoup plus qu’auparavant, des fonctions en Circonscription durant les grandes vacances en tant que membres des Coordinations d’été. Le paradoxe de cette situation, c’est qu’un REV qui devient CTAE (ou CMF) subit une perte de salaire. En devenant responsable d’un territoire composé d’un certain nombre d’écoles gérées par des REV, qui sont sous son autorité hiérarchique, il subit une baisse de son volume de primes annuel d’environ 600€. En effet, en tant que REV, il bénéficiait d’une prime d’été en tant que directeur de CLE, et en devenant CTAE il perd cette prime.

 

L’UNSA ANIMATION considère qu’il est absolument anormal qu’en devenant CTAE (ou CMF) les agents subissent une baisse de salaire, et demande pour ces agents le maintien intégral de toutes les primes qu’ils percevaient en tant que REV.

 

Les REV travaillant l’été dans les Coordinations conservent leur prime d’été, ce qui est absolument légitime. En revanche, et malgré l’augmentation très importante de la charge de travail lors des préparations d’été et le nombre d’heures de travail qui explose durant les CLE (qu’il est souvent impossible de compenser en RTT à cause de leur volume), les CTAE et CMF qui participent aux Coordinations ne perçoivent aucune prime d’été. Seul le Coordonnateur (qu’il soit Animateur d’Administrations Parisiennes ou Secrétaire Administratif) perçoit une prime.

 

L’UNSA ANIMATION demande le maintien intégral de ses primes pour un REV qui devient CTAE ou CMF, ainsi que l’octroi d’une prime d’été pour les autres agents (CTAE ou CMF, qu’ils soient Animateurs ou Secrétaires Administratifs) qui sont partie prenante des Coordinations d’été.

 

 

RENFORCEMENT DES CELLULES DE REMPLACEMENT

 

Durant la direction d’Hélène Mathieu, les Circonscriptions, les RAE Adjoints ont su se mobiliser massivement sur la question des cellules de remplacement. Nous avons gagné sur l’existence des cellules, mais la DASCO brille actuellement par la non-gestion de la situation. Le groupe de travail qui devait se mettre en place sur les cellules au moment des discussions sur la restructuration des Circonscriptions a été annulé, au moment même où tous les services périscolaires étaient habilités DDCS, et où donc la question du remplacement devenait primordiale. La cellule est devenue une structure nécessaire et incontournable. La DASCO ne prend aucun arbitrage visant leur pérennisation par la consolidation du statut des personnels qui la compose. Les vacataires qui sont affectés durablement au fonctionnement des cellules s’interrogent sur la possible évolution de leur statut. L’UNSA ANIMATION demande la pérennisation des cellules de remplacement, et revendique des postes budgétaires affectés à ces cellules (prenant la forme de contractualisations ou d’affectations de titulaires).

 

 

Ces mesures – évolution statutaire et indemnitaire pour les RAE et mise à niveau de la situation indemnitaire des CTAE et des CMF, consolidation des cellules de remplacement – nous paraissent être des mesures justes et nécessaires au regard de l’évolution du travail des sections Action Educative des Circonscriptions, dont les personnels sont de plus en plus mécontents au regard de leurs conditions de travail et de leur stagnation statutaire et salariale.

 

Nous souhaitons avoir des retours sur la perspective d’une action dans les sections Educative des Circonscriptions sur ces trois axes.

 

Le 17 mai 2017.