Alertes aux acteurs du Périscolaire concernant la tenue des Conseils d’Écoles.

Alertes aux acteurs du Périscolaire concernant la tenue des Conseils d’Écoles. 

 

Le syndicat Snuiip  FSU Paris a diffusé un tract appelant l’ensemble des directeurs d’écoles et des enseignants à mettre à l’ordre du jour des Conseils d’Écoles et à faire voter, une motion visant à mettre fin à la réforme des rythmes Scolaire initiée en 2013 à Paris. Pas de surprise quand aux arguments, ils reprennent tout ce que l’on a déjà entendu de leur part dès 2013 : le périscolaire « tue » le scolaire, enfants fatigués, enseignants en détresse, perte des repères, etc.

Il est clair que la sortie, cet été, du décret[1] autorisant le retour aux semaines de 4 jours ouvre un espace nouveau de contestation du dispositif actuel. D’emblée un tiers des communes sont revenues aux 4 jours dès la rentrée 2017, et un grand nombre d’autres se sont données quelques mois de réflexion pour décider de leur positionnement pour la rentrée 2018. L’élément financier sera évidemment primordial dans les choix qui seront fait par les exécutifs municipaux (voir Article Congrès des maires de France). Dans un contexte de réduction des dotations de l’État aux communes, de suppression des emplois aidés, de perte du fond de démarrage prévu lors de la réforme, tout laisse prévoir un retour en force de la semaine de 4 jours pour septembre 2018 au niveau national.

 

La Maire de Paris a annoncée très rapidement son intention de garder le dispositif actuel (au moins jusqu’au terme de son mandat). Donc, à priori pas de grande concertation en vue avec les enseignants et les parents pour éventuellement proposer une alternative aux TAP et aux mercredis matins scolarisés. Le Snuipp FSU Paris entame donc, via cette action au sein des Conseils d’École, un début de mobilisation de ses troupes afin d’obtenir de la Mairie de Paris un changement radical d’attitude. Nul doute que d’autres syndicats enseignant lui emboîteront le pas. Jusqu’où cela ira-t-il ? L’avenir nous le dira bientôt… Mais l’avenir risque d’avoir le goût du passé.

 

Les REV se souviennent de ce qu’ils ont vécu dans les Conseils d’École en 2013 et 2014. Beaucoup ont été intimidés, agressés, accusés sur leur engagement et leur pratique professionnelle. Cela avait abouti à ce que dans de nombreuse écoles parisiennes, consigne fut donnée aux Circonscriptions des affaires scolaires de ne pas laisser les REV, qui ne le souhaitaient pas, se rendre seuls au Conseil d’École. En effet certain se transformait en peloton d’exécution des représentants du périscolaire.  Nous n’en sommes plus là mais le Conseil d’École tel qu’il existe à l’heure actuelle ne reconnait pas les acteurs du périscolaire: les animateurs (ou leurs représentants) n’y siègent pas de droit (il faut être invité par le directeur de l’école) et ils n’y ont pas le droit de vote. Aujourd’hui comme hier, la moindre faille, le moindre dysfonctionnement des services périscolaires pourrait être prétexte à proposer aux parents de chaque école la motion de condamnation du dispositif actuel.

 

Pour autant, cela ne signifie pas pour l’UNSA Animation une négation des problèmes que nous rencontrons quotidiennement dans le fonctionnement des services péri et extrascolaires depuis la mise en place de la réforme en 2013. Nous connaissons les faiblesses du dispositif global parisien. Nous n’avons cessé de mener les combats collectifs nécessaires depuis 2013 pour le faire évoluer, mieux garantir la sécurité des enfants, repositionner le rôle et les conditions de travail des animateurs et des REV (DPA, 1 REV par école, titularisations, contractualisations, etc..). D’ailleurs, ces dernières années personne n’est venu contester le dispositif mené par l’ensemble des agents de la Ville, c’est donc qu’ils ont remplis leur mission.

 

Au moment où en changeant la donne des quatre jours et demi, le gouvernement relance le débat sur l’efficacité pour les enfants du dispositif parisien, l’UNSA Animation ne restera pas « sur la  touche » à regarder les parents, les enseignants et la Maire de Paris jouer le match. Nous, animateurs, responsables périscolaires, sommes des acteurs incontournables au sein des écoles sur les temps qui nous sont impartis. Nous essayerons ensemble de dire notre mot pour la défense de notre rôle, de nos emplois et en essayant de ne pas perdre de vue notre objectif à nous : l’amélioration de la qualité de vie des enfants à l’école durant les temps où ils nous sont confiés.

En 2013, nous étions pour une évolution des rythmes éducatifs pour le meilleur intérêt des enfants mais cependant dubitatif sur la formule adoptée par la ville et nous demandions le maintien de la journée entière du mercredi. Nous prendrons à nouveau position dans le débat qui ne manquera pas de s’ouvrir dans les mois qui viennent, avec bien évidemment la prise en compte du bilan de l’expérience vécue dans les écoles depuis 2013.

 

A ce stade, nous conseillons donc aux équipes d’animation présentes aux conseils d’école,  de ne pas prendre part au débat initié de cette façon ni à aucun vote.

 

 

 

Le 12 décembre 2017.

[1] Décret permettant  au directeur académique des services de l’éducation nationale sur proposition conjointe d’une commune et d’un ou plusieurs conseils d’école, d’autoriser des adaptations à l’organisation de la semaine scolaire ayant pour effet de répartir les heures d’enseignement hebdomadaires sur huit demi-journées réparties sur quatre jours.