Rencontre avec Patrick Bloche

Rencontre avec Patrick Bloche

 
 
Une délégation de l’UNSA ANIMATION a rencontré le mercredi 24 janvier M. Patrick BLOCHE, Adjoint chargé de l’éducation, de la petite enfance et des familles. À cette occasion, notre syndicat a abordé avec l’élu les problèmes toujours non réglés dans le domaine de l’animation, et dont certains concerne directement l’avenir proche de la filière à Paris.
Lors de cette première rencontre nous avons tenu à dresser un historique des différentes avancées effectuées depuis 2013, tout en pointant dans le même temps les faiblesses actuelles du dispositif.
L’Adjoint au Maire a réaffirmé la détermination de la municipalité à maintenir le dispositif actuel sur la rentrée 2018/2019 ainsi que la suivante. Il confirme l’engagement de l’Académie de Paris à poursuivre dans cette voie aux cotés de la Ville de Paris. Au-delà de cette période les élections municipales de 2020 marqueront l’avenir.
À titre personnel, il reste favorable  à l’aménagement des rythmes éducatifs mis en place à Paris en 2013 et « non pas pour des raisons purement idéologiques mais  pour des raisons avant tout liées à l’intérêt de l’enfant et des élèves parisiens et notamment en ce que le périscolaire peut leur apporter. »
Pour l’UNSA Animation il faut appréhender l’avenir proche et les modifications qui doivent encore intervenir : dans la mesure où la municipalité parisienne ne compte pas changer de dispositif dans les années à venir, il est impératif dès à présent de pointer les défauts et les défaillances du système pour y remédier – sans attendre les prochaines élections municipales…
Prendre en compte les différences de charge de travail selon l’importance de la structure et les situations particulières comme les REP+
Nous avons exprimé la différence de charge de travail qui peut exister selon des contextes : taille des écoles, lieux d’exercice, difficultés particulières… Ces problématiques peuvent être liées également aux types d’écoles : en élémentaire avec le problème des remplacements des partenaires associatifs, et en maternelle avec le remplacement des ASEM.
L’UNSA ANIMATION, depuis des années,  pose la question de la différenciation de traitement à avoir en fonction de l’importance des structures : la charge de travail n’est pas la même dans une école de quatre classes et dans une école de dix classes. Pour les structures importantes, il est nécessaire de fournir des moyens supplémentaires humains et matériels ou de maintenir et pérenniser  des fonctions « en péril » (les RPA). Il est également nécessaire d’envisager  une différentiation au niveau indemnitaire, pour inciter les REV à aller travailler sur ces structures car à traitement égal la charge de travail n’est pas du tout la même. Ce constat est identique sur les écoles REP+, et certaines écoles REP particulièrement « difficiles ». Nous avons porté devant l’adjoint à la maire les revendications des personnels travaillant en REP+.  Nous avons remis à Monsieur Bloche un courrier élaboré par les REV des REP+, que nous avions rencontrés : ce courrier évoque les difficultés particulières présentes dans ce type de structures, et  articule des propositions, à l’heure où l’Éducation Nationale renforce les moyens dans ces zones.
Nous avons rappelé l’importance de mettre en œuvre tous les moyens possibles  pour faire des périodes périscolaires, et notamment des  TAP, un moment plus facile à gérer – et à vivre – pour les REV et les équipes d’animations.
Non-respect des taux d’encadrement, notamment durant l’interclasse. Un problème existe sur la capacité de recrutement d’animateurs de la ville  sur le temps de  l’interclasse. Dans de nombreux accueils les normes d’encadrement ne sont pas respectées. Nous rencontrons quasiment partout des difficultés énormes pour assurer les remplacements des animateurs absents. De ce fait, les engagements de la Ville en matière de taux d’encadrement ne sont pas remplies et cela pourrait entrainer, sur ces accueils, la suspension des subventions  de la CAF.
 
Détérioration de l’accueil en Centre de loisirs. Depuis toujours le service extrascolaire – les Centres de loisirs –  fait l’unanimité de la part des familles, mais ce qui constituait auparavant le cœur du métier de l’animation connaît, de notre point de vue, une dégradation en termes de qualité d’accueil des enfants parisiens.  Le nombre important des regroupements, durant les vacances scolaires, détériore de plus en plus le dispositif (déplacement de matériel, difficultés à mener à bien les projets extrascolaires, effectifs important d’enfants). Que devient la notion de « vacances » pour les enfants ?
La justification de ces fermetures dépasse largement le cadre des travaux prévus dans les écoles. Sous la pression de diverses Caisses des Écoles, le nombre des points de restauration diminue dans certains arrondissements, occasionnant des déplacements des enfants pour aller déjeuner. Tous ces éléments  nous empêchent d’exercer nos missions dans de bonnes conditions et les principales victimes demeurent les enfants.
Un poste de responsabilité « intermédiaire » est nécessaire :
Pour l’extension de la fonction de RPA
Dans la perspective de la mise en place  d’un REV par école, nous avons souhaité évoquer le sujet des remplacements des REV. Car à l’heure actuelle rien n’est instauré de manière pérenne. En effet des animateurs diplômés BAFD effectuent de manière ponctuelle ces remplacements (sans rémunération supplémentaire s’il s’agit de remplacements courts) et les circonscriptions  bricolent en permanence. Cependant ces animateurs sont en droit de refuser : rien dans leur fiche de poste ne leur oblige à accepter cette fonction et cette responsabilité. De plus à l’issue du concours certains REV intérimaires risquent de ne pas accéder à la fonction de REV et pour ceux-ci la perte financière sera très importante.
Dans cette optique, l’UNSA-Animation demande à ce qu’il soit définit pour les animateurs une fonction au sein des accueils qui prenne en compte tous ces éléments et permettrait d’avoir une fonction intermédiaire rémunérée : la fonction de RPA (qu’on l’appelle ainsi ou autrement)  doit évoluer vers un poste de responsabilité « intermédiaire » sur tous les services.
L’UNSA ANIMATION demande la fin des inscriptions obligatoires
le mercredi après-midi
Sur les inscriptions obligatoires nous avons mis en évidences des problématiques multiples. Le système actuel concernant la mise en place des travaux ne permet pas de travailler dans des conditions acceptables. Il existe des regroupements allant  de deux à quatre centres de loisirs durant les petites vacances.
Les inscriptions sont une procédure que les parents maîtrisent peu et qui a instauré depuis sa mise en place un certain agacement des familles (calendrier d’inscription, accès au portail, rigidité du système…). De plus, dans certains quartiers, l’inscription via le portail est marginale, le bulletin papier est la seule voix d’inscription, avec la charge de travail qui en découle pour les REV.
Sur les différents objectifs ciblés par cette mesure, il apparait que sur le mercredi après-midi, certains de ceux-ci sont inopérants, à commencer par le gaspillage car les commandes de repas sont effectuées par le directeur d’école dès le matin, les équipes d’animation commandant le gouter avec l’effectif réel. Pour ce qui est d’améliorer l’accueil des enfants et d’adapter encore mieux les activités aux différents âges des enfants, il reste encore à établir le réel impact de ce dispositif. Afin de proposer un dispositif plus clair aux familles,
L’UNSA-Animation a demandé l’arrêt pur et simple des inscriptions obligatoires pour le mercredi après-midi.
 
L’accueil des enfants en situation de handicap
Sur l’accueil des enfants porteur de handicaps nous avons fait un état des lieux alarmant. En effet les méthodes d’attributions des postes sont pour le moment inadaptées aux réalités du terrain. Certaines équipes sont parfois confrontées au fait de n’avoir qu’un poste PPS ouvert pour l’accueil de plusieurs enfants et dans certaines structures nous avons dénombré jusqu’à  12 enfants porteurs de handicap, bénéficiant tous d’une reconnaissance MDPH, et cela toujours pour un seul et même poste. Lors des TAP, cela imposerait aux équipes de regrouper tous les enfants  dans un même groupe en ayant pour conséquences de mettre de côté et le choix de l’enfant et leur intégration à la vie collective. Les objectifs fixés dans le PEDT sont loin d’avoir les moyens adéquats à sa réalisation.
L’impact se fait aussi ressentir au niveau des animateurs  ville. De par leur statut de référents, ils sont sollicités pour accueillir les enfants porteurs de handicap dans leur groupe car il apparait difficile de les confier à des intervenants associatifs qui ne les côtoient qu’une heure et demie par semaine. Les conséquences sont multiples sur la qualité des activités qui sont alors réalisées, les animateurs devant concentrer leur attention sur la gestion du groupe et non plus sur la mise en œuvre de leur objectif pédagogiques.
L’UNSA-Animation a fait part de son inquiétude sur la qualité d’accueil des enfants en situation de handicap et a insisté sur la nécessité de revoir la méthode d’attribution de ces postes « PPS ».
La gestion des congés des REV
Chronogestor. Nous avons rappelé les différentes problématiques liées à la mise en place de Chronogestor (Cf.  Tract UNSA). En ajoutant à cela la rigidité actuelle du dispositif de prise de congé imposée par la DASCO.
L’UNSA -Animation  a renouvelé sa demande d’augmentation du nombre maximum de JRTT cumulables et plus de souplesse dans la prise de congé des REV.
Développer les bas salaires
La base de rémunération des contractuels était coutumièrement indexée sur l’indice le plus bas du corps d’exercice des missions dans le cas de l’animation cela correspond à l’indice 347. Or ce qui est appliqué actuellement est celle de l’indice minimum de la fonction publique : indice 297.
La différence de traitement représente mensuellement :
  • 160€ brut pour un agent à 70%.
  • 120€ brut pour un agent à 50%.
  • 60€ brut pour un agent à 25%.
Les agents contractuels avec leurs différentes quotités de travail représentent une variable d’ajustement nécessaire à l’encadrement des activités péris et extrascolaires. Le temps partiel leur est imposé et ils se retrouvent donc sur des très bas salaires.
L’UNSA-Animation a  demandé à ce que soit appliquée la base de rémunération indexée sur l’indice de départ du corps des adjoints d’animation afin d’améliorer les conditions de traitement de ces agents.
L’encadrement en circonscription
Lors de la mise en place des centres de loisirs d’été, les CTAE réussissent en l’espace de trois mois à recréer une organisation du secteur extrascolaire pour les vacances d’été tout en assurant leurs missions habituelles. Toutes les fonctions sont revu et les rôles redéfini uniquement pour cette exercice qui assure l’accueil de plus de dizaines de milliers de petits parisiens. Cette charge de travail supplémentaire n’est malheureusement pas compensée par une prime.
L’UNSA-Animation a fait  part de son vœu qu’il soit versé une prime aux CTAE qui assurent les missions de préparation, de suivi et d’accompagnement durant la période d’été.
Actuellement, le corps des CAPSA (Conseillers des Activités Physique et Sportives et de l’Animation) est la seule voie d’évolution en A offerte aux animateurs. Cependant ce corps est majoritairement composé par des agents de la DJS ce qui limite voir annule pour l’instant la capacité d’y nommer au choix des agents de la DASCO. La question se pose, par exemple, pour les RAE (responsable d’action éducative) qui effectuent des missions d’encadrement d’agent de catégorie B (REV, CTAE, CMF) et de centaines d’agents de catégories C.
L’UNSA-Animation a demandé qu’une réflexion soit posée sur la catégorie A dans l’animation et la perspective de passage en Catégorie A des RAE.