PÉRISCOLAIRE PARISIEN : CE QUI DOIT ÉVOLUER TOUT DE SUITE !

PÉRISCOLAIRE PARISIEN : CE QUI DOIT ÉVOLUER TOUT DE SUITE !
 
L’UNSA ANIMATION appelle les REV à ne plus reporter sur Eudonet les effectifs d’enfants
 
Depuis la mise en place de la réforme des rythmes éducatifs en 2013, la montée en puissance des tâches administratives dévolues aux REV a été constante. Petit à petit, d’une rentrée à l’autre, par couches successives, mais avec une grande régularité, la charge de travail consacrée à l’administratif est devenue une machine chronophage. La coupe est pleine, et depuis longtemps, mais l’administration continue à charger la barque, sans avoir conscience des conséquences de cette boulimie administrative, de cette avalanche de dates butoirs, de cette multiplication d’exigences dont souvent la nécessité est loin d’être démontrée, et dont la cohérence n’est parfois pas évidente. Cette surcharge de travail administratif, qui devient insupportable, se fait au détriment de ce qui constitue encore (mais pour combien de temps?) le cœur du métier de REV: le travail pédagogique avec les équipes d’animation et pour les enfants.
 
À présent, ce sont les effectifs quotidiens d’enfants qu’il faut renseigner sur Eudonet, et pour tous les services péri-scolaires. En soi, ce n’est qu’un chiffre supplémentaire à rajouter dans une colonne: il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat. De plus, les REV sont bien évidemment tenus à connaître au jour le jour les effectifs des enfants fréquentant les services périscolaires dont ils sont responsables. En réalité, ce chiffre « supplémentaire » pose toute une série de problèmes, et est le marqueur d’une crise larvée du périscolaire parisien. Si nous ne réagissons pas maintenant, la suite logique de ce supplément de travail sera bien évidemment l’inscription nominative dans Eudonet de tous les enfants présents sur les services périscolaires – et ceci sans aucune concertation avec les organisations syndicales, sans aucune discussion sur les problèmes que pose cette excroissance sans fin des tâches administratives, et donc en occultant les solutions qui pourraient être mises en œuvre.
 
Comment ces nouvelles tâches administratives se justifient-elles? Il semblerait que certains bailleurs de fonds de la Ville, et en particulier la CAF (Caisse d’Allocations Familiales), qui finance en partie le périscolaire, soient plus exigeants en matière de contrôle, et demande des comptes. Les subventions, en effet, dépendent du nombre d’enfants qui fréquentent les services périscolaires. Par ailleurs, la DDCS serait également plus tatillonne. La CAF a effectué récemment un « contrôle » sur les activités proposés aux enfants – contrôle par ailleurs assez léger car il ne concernait qu’un nombre très réduit d’établissements. La DASCO, en conséquence, exige des REV un rendu chiffré précis et son inscription sur Eudonet.
 
Cependant, la DASCO dispose déjà de ces éléments. Le directeur d’école reste, pour ce qui concerne l’interclasse et l’étude/goûter, le responsable administratif de l’inscription des enfants sur ces services. Il perçoit de la part de la Ville, faut-il le rappeler, une prime pour ces taches. La Ville lui demande de fournir deux fois par mois, les effectifs des enfants de l’interclasse et des études/goûters. Pourquoi donc demander aux REV des éléments qui sont (ou devraient être) fournis par les directeurs d’école contre rétribution financière? Pourquoi ce doublon et comment se justifie-t-il? La Ville a-t-elle l’intention de faire glisser certaines responsabilités des directeurs d’école vers les REV? Ou bien les remontées des chiffres fournis par les directeurs d’école ne sont-elles pas satisfaisantes? Quelques soient les raisons de ces doublons, cela pose problème, et il faudrait que l’administration fournisse clairement aux personnels les explications nécessaires.
 
Cette volonté de la CAF et de la DDCS de mettre leur nez dans le fonctionnement du périscolaire parisien n’est sans doute pas anodine. D’après la DASCO, la CAF n’est pas convaincue par les chiffres des présences d’enfants sur les services périscolaires, et cela constituerait un manque-à-gagner de 1,7 millions d’euros. Au-delà des divergences politiques qu’il peut y avoir à présent entre l’exécutif parisien et le gouvernement (et des conséquences que cela peut entraîner dans notre domaine d’intervention), au-delà du débat sur l’avenir de la réforme des rythmes éducatifs mis en place par le gouvernement précédent et qui est détricoté petit à petit sur le plan national, il y a une réelle difficulté pour la Ville de tenir ses engagements en termes d’encadrement périscolaire, engagements qui déterminent les subventions accordées. Nous avons toutes les difficultés du monde à assurer l’encadrement réglementaire, notamment sur l’interclasse – les remplacements d’animateurs absents ne sont pas ou sont rarement assurés. Le taux de diplômés nécessaire n’est parfois pas assuré, en particulier sur les TAP en élémentaire (à cause des partenaires associatifs). À ce propos, il est significatif que les REV doivent renseigner le nombre quotidien d’enfants présents sur Eudonet (avec un transfert ou non de ces informations à la CAF…), sans devoir indiquer le nombre des animateurs encadrants, ce qui mettrait en avant l’incapacité à assurer de manière permanente un encadrement réglementaire… Tout cela constitue une vraie difficulté (dont les solutions ne sont pas évidentes à trouver) qui met la Ville en porte-à-faux vis-à-vis de ses engagements. Ce point fondamental risque de peser lourd sur l’avenir du dispositif actuel.
 
Nous ne nous étendrons pas ici – pas encore – sur l’avenir des TAP et du dispositif des rythmes éducatifs à Paris. L’Adjoint au Maire chargé du dossier nous a redit récemment, et clairement, que rien ne changerait au moins jusqu’aux élections municipales de 2020. Nous avons pris acte de cette décision, mais pour nous elle implique que nous ne subissions pas pendant deux ans un statu-quo intenable. Puisque les TAP et l’organisation actuelle continuent de fonctionner, il faut dès à présent corriger ce qui ne marche pas, dans la mesure du possible.
 
Et parmi ce qui ne peut pas marcher, et qui ne peut continuer, il y a justement cette augmentation de la charge de travail administrative au détriment du travail de terrain, – charge administrative dont cette nouvelle exigence d’inscrire sur Eudonet les effectifs d’enfants est la marque, le symbole, et le dernier avatar. Si nous ne disons pas stop maintenant, et si nous n’engageons pas avec l’administration des discussions en vue d’améliorer l’organisation existante, nous pouvons nous attendre à une dérive continue vers plus de charges administratives encore, vers une asphyxie du système, vers une détérioration accentuée des conditions de travail et d’accueil du public.
 
C’est pourquoi l’UNSA ANIMATION appelle les REV à ne plus inscrire sur Eudonet les effectifs d’enfants, et ceci dès à présent. D’ores et déjà, des REV ont amorcé ce mouvement, et ont refusé cette charge supplémentaire. Il faut les rejoindre. L’UNSA ANIMATION s’engage évidemment à défendre syndicalement tout REV qui serait inquiété ou qui subirait des pressions de la part de l’administration.
 
Nous maintiendrons ce mot d’ordre tant que l’administration n’engage pas des discussions sur une amélioration réelle du dispositif actuel, amélioration qui implique d’assurer le travail de terrain et les tâches administratives sans que les secondes prennent le dessus. Dans cette optique, notre syndicat a déjà insisté sur plusieurs problèmes qu’il faut régler au plus vite :
 
→ L’évolution de la fonction de REV, en constante mutation depuis 2013, avec l’excroissance des tâches administratives, la multiplication des « partenaires », les responsabilités supplémentaires, avec également les différences de taille entre les structures, implique de notre point de vue qu’un animateur, dans chaque école soit en position de seconder le REV dans des missions plus étendues que celles des RPA. Cet animateur pourrait avoir des missions d’organisation et administratives sur tous les services périscolaires, avec éventuellement des différences de responsabilités selon la taille des structures. Titulaire du BAFD, il serait en capacité de remplacer le REV en cas d’absence de celui-ci (congés, maladie, formation…) Pour le moment, en ce qui concerne le remplacement des REV, nous travaillons souvent dans le bricolage, et tout dépend de la bonne volonté des uns et des autres : il faut à présent pérenniser cette fonction de remplaçant.  Il s’agirait donc d’une extension des missions traditionnellement dévolues aux RPA, dont le rôle se limitait (théoriquement) au Centre de loisirs. Le « gel » des postes de RPA a généré une situation inéquitable : il est temps de revoir et de transformer cette fonction en tenant compte de la situation actuelle.
 
L’augmentation des tâches administratives impacte tout particulièrement les « grosses » structures, et les structures « difficiles » (REP+ et REP), en termes de charge de travail pour les personnels. La charge de travail est plus lourde sur ces structures que dans des petites écoles – que ce soit d’ailleurs dans le domaine administratif qu’en termes de gestion des personnels et des groupes d’enfants, d’organisation, de relations avec les familles et avec les partenaires. Nous demandons à l’administration d’ouvrir ce dossier : il faut distinguer les structures selon leur taille et les « difficultés » particulières (REP+), avec des critères précis à définir, et élaborer à partir de ces distinctions un différentiel, un « plus » indemnitaire pour les personnels travaillant, et choisissant de travailler, sur ces structures. Il faut également envisager un renforcement particulier du personnel encadrant, et nous rejoignons le point précédent.
 
L’organisation du temps de travail des REV et des personnels d’animation, ainsi que les modalités des congés,  ont été définies en 2012-2013, avant que les contraintes particulières générées par le nouveau dispositif parisien n’apparaissent au fur et à mesure des difficultés rencontrées. La rigidité des horaires définis et des possibilités de prises de congé ne correspondent plus aux réalités et aux nécessités du travail, aux contraintes particulières liées aux nouveaux rythmes. Les REV et les personnels d’animation sont souvent appelés à travailler hors des bornes horaires légales si l’on veut que le travail se fasse correctement. Il est nécessaire dès à présent de rediscuter de l’organisation du temps de travail des REV et des personnels d’animation, ainsi que de l’organisation et des modalités de prise de congé, et il est nécessaire que cela se fasse dans la concertation.
 
L’UNSA ANIMATION demande donc à l’administration l’ouverture rapide de discussions sur ces sujets qui, rappelons-le, ne sont pas nouveaux. Tant que nous n’arrivons pas à des résultats, nous demandons aux personnels de maintenir la pression en ne reportant plus sur Eudonet les effectifs d’enfants – et ceci sans préjuger d’autres actions.
 
Le 5 mars 2018.
 
 
 
 
SONNETTE D’ALARME POUR LES CENTRES DE LOISIRS !
 
L’UNSA ANIMATION, une fois de plus, veut attirer l’attention sur la dégradation continue des conditions de travail et de l’accueil des enfants durant les vacances scolaires. Malgré nos alertes, la politique de regroupement des Centres durant les vacances scolaires continue et s’aggrave même parfois dans certains secteurs. Cette politique est néfaste pour les animateurs et les REV, obligés de changer de structure et d’organisation avec tous les problèmes que cela pose au niveau logistique. Elle est néfaste pour la qualité des activités et des sorties proposées. Elle est néfaste pour les enfants, ballotés d’une école à l’autre, d’une cantine à l’autre, d’une équipe à l’autre. Nous demandons – encore une fois – à l’administration de n’envisager des regroupements que de manière exceptionnelle et dans des contextes contraints (travaux réellement effectués par exemple).
 
Durant les vacances scolaires, encore, et depuis maintenant presque cinq ans, le problème de l’hygiène des enfants n’est toujours pas réglé dans les écoles maternelles, malgré les promesses successives. L’UNSA ANIMATION, encore une fois, demande à l’administration de faire des propositions sérieuses pour résoudre ce problème et d’arrêter de compter sur les « bonnes volontés » des uns et des autres. Cinq ans de politique de l’autruche, c’est trop !