Bilan d’activités (Congrès 2010)

BILAN D’ACTIVITÉS DE L’UNSA ANIMATION

CONGRÈS DE L’UNSA ANIMATION

Lundi 13 décembre 2010

Le Congrès de notre section syndicale, l’UNSA ANIMATION s’est tenu le lundi 13 décembre 2010, à la Bourse du travail. Il a réuni plus d’une centaine de délégués. Les grandes lignes du bilan d’activités de la section ont été présentées et débattues dans la matinée. Un document synthétisant les grands axes de notre action depuis le précédent Congrès (mai 2009) a été soumis au vote des congressistes, qui l’ont adopté à l’unanimité en fin de matinée. Nous vous présentons ici ce document.

Une note finale a été ajoutée au document avant sa diffusion : « La situation actuelle est mouvante, et pourrait nous amener à changer ou à rectifier nos positions (notamment notre approche de la catégorie B de terrain et de la situation statutaire des SSE). Ce texte est donc une photographie figée à la date du 29 novembre 2010. Nous traiterons au Congrès des nouvelles données que l’évolution de la situation nous propose. »

Le dépôt de préavis de grève de 2 heures sur trois mercredis en décembre 2010, qui faisait suite à une campagne de « sensibilisation » auprès des animateurs (dès septembre, nous diffusions un tract intitulé : « la négociation ou le conflit ») a bousculé les choses et a contraint la Ville de Paris et la DASCO à entamer des négociations sur tous les dossiers que nous avons présentés. Après un an et demi d’interruption de fait du dialogue social, la situation se débloquait en partie. Ainsi, le dossier de la « catégorie B de terrain » ne semble plus au point mort, même si bien des incertitudes demeurent.

22 Janvier 2011

ÉLÉMENTS DE BILAN

Un an et demi sépare le Congrès de mai 2009 et le Congrès qui aura lieu en décembre. Durant cette période, notre section syndicale s’est transformée et a conforté et étendu son influence. L’UNSA ANIMATION s’est impliquée fortement auprès des animateurs dans l’action, dans ses prises de position, dans ses analyses. Le Congrès de mai 2009 avait adopté un « Texte d’orientation » qu’il est nécessaire de relire à la lumière des événements de ces derniers mois. Nous avons choisi de ne pas proposer un nouveau « Texte d’orientation », les principales propositions contenues dans celui de 2009 nous paraissant toujours valables . Nous proposons donc ici des éléments de bilan sur la vie de notre section et son action depuis le dernier Congrès, en liaison avec un bilan des événements concernant notre profession.

➔ UNE SECTION SYNDICALE EN PROGRESSION

Lors du Congrès du 14 mai 2009, 61 adhérents étaient présents. L’UNSA ANIMATION comptait un peu plus de cent adhérents. Un an et demi plus tard, notre syndicat compte plus de deux cents adhérents : le chiffre des adhésions a donc doublé et est en progression constante.

Quelques chiffres concernant la situation de la section : 70% des adhérents sont des femmes et 30% des hommes, ce qui correspond à la réalité du terrain : la majorité des « animateurs » sont des femmes et notre métier est largement « féminin ».

L’UNSA ANIMATION est principalement un syndicat de titulaires : 82% des adhérents sont titulaires, 13% sont contractuels, 5% sont vacataires. Nous ne nous en plaignons pas, même si le nombre des vacataires, dans l’animation, est plus important que le nombre des titulaires : les titulaires constituent le « socle professionnel » de notre métier, et le fer de lance de toute action syndicale depuis des années . On peut considérer la plupart des contractuels comme des futurs titulaires. Les vacataires syndiqués, dont le nombre est néanmoins très insuffisant, sont des animateurs qui désirent faire de l’animation leur métier, et se syndiquer est pour eux une manière de s’impliquer plus encore dans leur parcours professionnel.

Près de 60% des adhérents de l’UNSA ANIMATION sont animateurs , 30% sont directeurs de Centre, 3% travaillent dans les Centres Ressources et 9% sont RAE adjoints. 30% des adhérents sont des animateurs BCD/EPL. L’UNSA ANIMATION représente donc tous les secteurs de l’animation, toutes les fonctions de notre métier, de manière significative. Cette répartition est donc satisfaisante, et indique l’influence de notre section syndicale à tous les niveaux de la pyramide .

En ce qui concerne la répartition géographique, le constat que nous faisions lors du dernier Congrès est toujours valable : nous progressons de manière forte dans les secteurs où nous avons déjà un groupe actif d’adhérents. C’est le cas pour la CAS 20 et la CAS 11-12 et, de manière un peu moins significative, pour la CAS 13-14. Il faut néanmoins souligner notre « percée » dans la CAS 10-19, où notre influence ne cesse de grandir. Cette percée, dans un secteur longtemps dominé par la CGT, est due à un double facteur : l’émergence d’un groupe d’adhérents actifs et notre intervention particulière  dans cette CAS pour la défense du temps partiel, qui a tourné à la confrontation ouverte avec le chef de CAS .

Notre section syndicale est donc bien implantée dans quatre « grosses » CAS. Notre implantation et notre influence existent, mais de manière encore trop limitée, dans la CAS 8-9-18. Elles sont faibles dans les CAS 7-15, 16-17, 1-2-3-4 et 5-6 . Du travail reste donc à faire, des positions doivent être consolidées, mais le bilan de notre action depuis le dernier Congrès en matière d’implantation de l’UNSA ANIMATION est largement positif, de part l’augmentation du nombre de nos adhérents, de notre extension géographique, et de l’influence globale de notre syndicat au niveau parisien.

Cette progression est due à plusieurs facteurs :

1)    nos analyses et nos propositions en adéquation avec ce que souhaite la majorité des animateurs : notre section syndicale a réussi une synthèse originale entre notre analyse de la situation et les demandes du terrain, sans dogmatisme et sans positions figées ou « idéologiques » ;
2)    l’effort de communication  avec les animateurs, constant et efficace : nous nous sommes efforcés, à chaque occasion, de diffuser des tracts et des textes qui prenaient partie, qui affirmaient nos positions ;
3)    la constitution de groupes actifs et « visibles » d’adhérents sur certaines CAS, qui a largement contribué à l’extension de notre implantation et à la diffusion de nos idées ;
4)    les « tournées » syndicales menées par nos délégués syndicaux dans les différentes CAS ;
5)    le succès des journées de formation syndicale, qui regroupaient à chaque séance une cinquantaine d’animateurs venant de toutes les CAS ;
6)    les différentes médiations et défenses individuelles.

Ce constat positif ne doit pas nous faire oublier nos points faibles :

1)    la disparité de notre implantation géographique ;
2)    la fragilité de notre implantation sur certaines CAS ;
3)    l’inexistence (pour le moment) de « groupes actifs » – de référents syndicaux clairement identifiés – sur certaines CAS ;
4)    le nombre très insuffisant de vacataires syndiqués.

C’est sur ces points que nous devons travailler si nous voulons que la progression de notre section syndicale continue et se développe. L’enjeu pour nous, dans les mois qui viennent, c’est clairement – en matière d’organisation – la consolidation de nos positions (dans les CAS 20, 11-12, 10-19 et 13-14 ), l’extension géographique de notre syndicat (en particulier en direction des CAS 8-9-18, 7-15, 16-17 et 1-2-3-4), l’émergence de noyaux actifs de militants dans les secteurs où pour le moment ils n’existent pas.

On peut ajouter, en matière d’objectifs, la continuation et l’amplification de notre effort de communication externe (envers l’ensemble des animateurs) et interne (envers les adhérents). A ce propos, nous nous sommes efforcés d’articuler les « messages » destinés à tous et une information supplémentaire destinée aux adhérents (à travers le « Bulletin ») : les adhérents de l’UNSA ANIMATION doivent avoir accès à une information plus complète, plus détaillée sur les positions et les interventions de notre syndicat (par exemple en ce qui concerne les rencontres avec l’administration) que les animateurs « non-syndiqués ».  Continuer cet effort de communication est important, notamment par la création d’un site Internet de l’UNSA ANIMATION .

 UNE SECTION SYNDICALE DANS L’ACTION

Le Congrès du 14 mai 2009 a eu lieu après trois évènements qui constituaient pour nous, à des degrés divers, trois succès de notre section syndicale : l’obtention de l’IAT2, après la grève massive du 26 novembre 2008 et des négociations difficiles ; une victoire partielle contre le SMA au niveau parisien qui, après plusieurs journées de grève, actait la fin de la « désignation obligatoire »  pour assurer cette besogne ; la victoire de l’UNSA ANIMATION aux élections professionnelles de janvier 2009, qui consacrait notre syndicat comme le premier syndicat des animateurs. Ce Congrès s’inscrivait donc dans une dynamique positive, et consacrait un nouvel élan de notre section syndicale.

Depuis un an et demi, l’UNSA ANIMATION est intervenue sur tous les problèmes importants du monde de l’animation. Nous dressons ci-après un petit catalogue non exhaustif de notre action et de nos interventions durant cette période.

Interdiction des cumuls direction/BCD-EPL et gel des primes

Dans la foulée des négociations sur l’IAT2, la DASCO décidait, de manière unilatérale, d’interdire totalement le cumul des fonctions de directeur de Centre et d’animateur lecture, tout en autorisant les directeurs-bécédistes déjà en poste de continuer à exercer cette double fonction, mais en gelant  « définitivement » leurs primes. Catherine Moisan, alors directrice des Affaires scolaires, justifiait ces mesures en assurant qu’elles contribuaient à une meilleure répartition des primes existantes, et en arguant que les directeurs de Centre ne pouvaient pas assurer leurs ateliers les jours de Centre de loisirs. Ces deux arguments  ne pouvaient justifier en aucun cas une interdiction totale et brutale des cumuls : toutes les organisations syndicales de l’animation ont condamné ces décisions. Lors du Congrès de mai 2009, notre section syndicale décidait le lancement d’une pétition  – « Non aux mesures brutales de la DASCO » – réclamant la levée de ces mesures. Cette pétition – devenue intersyndicale (UNSA-CGT-FO) recueillait en peu de temps 650 signatures et était remise à Colombe Brossel le 22 octobre .

S’il n’a pas été possible, lors des différentes réunions avec la Ville et la DASCO, de lever l’interdiction des cumuls, ni même de l’assouplir , nous avons néanmoins obtenu que les animateurs engagés durant l’année scolaire 2008-2009 dans un double cursus de formation BCD/EPL-BAFD (dans la plupart des cas, il s’agissait de bécédistes ayant commencé une formation BAFD, et n’étant pas encore en poste de direction) puissent bénéficier d’une dérogation et soient autorisés à exercer à l’avenir les deux fonctions .

L’UNSA ANIMATION s’était prononcé dans son « Texte d’orientation » de 2007 pour une distribution plus équitable des primes, et donc pour que l’accès aux postes d’animateur lecture ne soient plus réservés « d’office » aux directeurs de Centre, comme cela a pu être le cas à de nombreuses occasions. Dans l’esprit de notre syndicat, cette évolution devait bien évidemment se faire dans la durée, après une réelle concertation et un véritable débat professionnel, et sans mesures brutales d’interdiction .   Les mesures prises par la DASCO n’ont rien résolu, et n’ont fait que rendre un peu plus difficile la situation de tous : difficultés dans certains secteurs pour recruter des bécédistes « compétents et motivés », frustration des nouveaux directeurs privés d’une possibilité d’évolution professionnelle, frustration des bécédistes désirant évoluer vers une fonction de direction et contraints pour cela d’abandonner leur poste d’animateur lecture pour un poste d’animateur d’interclasse …

Quant au gel des primes des directeurs-bécédistes, il n’est toujours pas levé, malgré nos demandes répétées et notre obstination à porter la revendication du retrait de ce gel à chaque occasion (cette revendication apparaissait, par exemple, dans le préavis de grève déposé pour la journée du 14 mai 2010.) Cette mesure – purement vexatoire, car ses effets « financiers » risquent de ne pas se faire sentir avant longtemps – est symbolique de la vision qu’a la DASCO des directeurs de Centre de Loisirs et du monde de l’animation dans son ensemble, et de sa manière de traiter ses personnels. C’est pourquoi nous continuons fermement à exiger qu’elle soit levée, sans aucune contrepartie .

IAT2: nous ne lâchons pas l’affaire

En 2009, après une grève réussie et des difficiles négociations, les animateurs titulaires  ont obtenu que l’IAT2  figure enfin sur leur fiche de paie. Il s’agissait d’une prime mensuelle d’environ 50€ (plus ou moins selon le grade), qui était déjà versée à d’autres secteurs de la Ville de Paris. Ce gain salarial était loin d’être négligeable, mais il restait très en deçà de certaines IAT2 versées à d’autres corps de la Ville, notamment dans le secteur administratif. L’objectif, pour l’UNSA ANIMATION, n’était que partiellement atteint, d’autant que les contractuels ne touchaient pas cette prime. Dès la fin du mois de mai, notre section syndicale affirmait dans un tract que « nous ne lâcherons pas l’affaire… » et que le combat pour une IAT2 équitable et pour le versement des IAT  aux contractuels devait se poursuivre.

Une des particularités de l’IAT2 est qu’il s’agit d’une prime « au mérite ». L’un des objectifs affichés de l’UNSA ANIMATION durant les négociations a été de réduire au maximum la part du « mérite ». Finalement, les organisations syndicales ont été contraintes d’accepter cette « part variable » : sinon, la négociation n’aurait pas été jusqu’à son terme et l’IAT2 n’aurait pas été acquise. La « part variable » de l’IAT2 fut donc fixée par l’administration à plus ou moins 15% par rapport à une moyenne – ce qui constituait néanmoins la part variable la plus faible si on la comparait aux IAT2 versées dans d’autres secteurs de la Ville.  En octobre 2009, une note « secrète » de la DASCO demandait aux CAS d’appliquer la « part variable » de l’IAT2 selon des principes absolument scandaleux : établissement d’une note « discrète » sur les agents (non consultable par ceux-ci) pour déterminer leur mérite, et application de la « part variable » selon le principe des vases communicants : pour faire bénéficier un agent du « +15% », il faut absolument trouver un autre agent à sanctionner par un « -15% », l’enveloppe de l’IAT2 étant constante ! L’UNSA ANIMATION montait au créneau immédiatement, en diffusant notamment  un tract intitulé « les Charmes discrets du salaire au mérite », qui appelait les personnes sensés juger le mérite des agents pour déterminer la « part variable » de refuser de le faire.  L’Intersyndicale (UNSA-CGT-FO) appelait la Ville à renoncer « à ce système honteux et opaque » et à placer tous les agents « à la moyenne ». Un système honteux perdure souvent si l’on en fait pas la publicité : pour le coup, et grâce à l’intervention syndicale, il semblerait que l’immense majorité des agents reçoivent une IAT2 sans majoration ni décote.

Pour autant, l’affaire de l’IAT2 n’est pas terminée pour nous, et nous l’avons répété à chaque occasion. Faire inscrire l’IAT2 sur les fiches de paie était une victoire, obtenir une IAT2 au rabais représentait une déception certaine. Le combat pour la réévaluation de notre IAT2 doit être un axe prioritaire : c’est une option majeure que nous avons pour faire progresser le pouvoir d’achat des animateurs.

Les contractuels de l’animation ne perçoivent pas l’IAT2, ni d’ailleurs l’IAT1. Ils sont payés 1100€ pour un travail équivalent à celui des titulaires.  L’IAT pour les contractuels était l’une des revendications de notre grève du 26 novembre 2008 : cette revendication reste prioritaire à nos yeux.

Le ratio promus-promouvables à la hausse

Tous les trois ans, la Ville et les organisations syndicales négocient ce qu’on appelle le « ratio promus-promouvables », c’est-à-dire en clair le nombre d’agents promus à l’échelle supérieure à partir d’une liste d’agents « promouvables », c’est-à-dire pouvant prétendre, suivant certains critères,  à cette promotion. Par exemple, pour les animateurs, durant la période 2007-2009, les passages de l’échelle 4 à l’échelle 5 étaient au nombre de 30 par an (sur plus de 240 « promouvables ») et les passages de l’échelle 5 à l’échelle 6 de 10 par an (sur plus de 140 « promouvables »).  C’était totalement insuffisant, et notre section syndicale, par l’intermédiaire de nos élus à la CAP et au CTP , s’est mobilisée pour l’augmentation du nombre des promotions.

Les discussions Ville-syndicats sur les « promus-promouvables » furent le déclencheur d’une crise majeure entre la Mairie et l’ensemble des syndicats de la Ville : deux journées de grève (23 novembre et 14 décembre) et le boycott des réunions avec l’administration furent décidées . Les syndicats, entre autres demandes, réclamaient que les ratios promus-promouvables se fassent sur la base de 100%. Finalement, ce mouvement des agents de la Ville a partiellement payé  : en ce qui concerne les animateurs, si le ratio promus-promouvables n’est pas de 100%, il a néanmoins notablement augmenté. Ainsi, en 2010, nous passons à 20 promotions à l’échelle 6 (au lieu de 10), et de 60 promotions à l’échelle 5 (au lieu de 30). C’est mieux qu’auparavant, mais ce n’est pas encore satisfaisant : le combat  pour l’augmentation du ratio promus-promouvables est un levier important pour faire évoluer la situation financière des animateurs, et en tant que tel il doit rester pour nous un objectif permanent.

Contractualisation et titularisation

Il y a actuellement à la Ville de Paris environ 1600 animateurs titulaires et 470 animateurs contractuels. L’objectif de notre section syndicale a toujours été de doter à terme tous les postes à temps complet dans l’animation de personnel titulaire. C’est un combat de longue haleine, mais nous avons parcouru un long chemin depuis les 100 premières titularisations de 1983 ! Cet objectif global nécessite des « détours », et quelques compromis dans l’intérêt des animateurs. Ainsi nous avons accepté la création d’une échelle 3 dans le secteur de l’animation, parce que cette mesure permettait à un certain nombre d’animateurs d’accéder à la titularisation, même si c’était dans des conditions plus défavorables que celles de l’accès à la titularisation à l’échelle 4, acquise par le concours ordinaire. Nous avons accepté (et demandé) également l’ouverture de postes de contractuels, car nous considérons que la contractualisation est un tremplin vers la titularisation.

Le Congrès de mai 2009 s’est déclaré « favorable au maintien structurel d’un nombre important de contractuels et à l’augmentation des possibilités de contractualisation à temps complet comme à temps incomplet », parallèlement bien sûr au maintien et à l’augmentation du nombre des titulaires par le biais du concours ordinaire (et de la titularisation « sans concours » à l’échelle 3). Jusqu’en 2009, la contractualisation s’effectuait par le biais d’une commission centrale de la DASCO qui procédait aux nominations. L’UNSA ANIMATION, à partir de l’été 2009, faisait à la DASCO un certain nombre de propositions concernant la contractualisation, dans une démarche de déprécarisation des vacataires : gestion des contractualisations au niveau local (niveau des CAS) , qui pourrait répondre rapidement aux besoins du terrain  ; propositions de critères pour la contractualisation, en particulier la prise en compte de l’ancienneté (nombre d’heures travaillées en tant que vacataire), l’avis du directeur de Centre et de la CAS, la prise en compte du parcours de formation. En réponse, la DASCO proposait pour les contractualisations de 2010, une épreuve écrite et, en cas d’admissibilité, une épreuve orale  ! Notre section syndicale est remontée au créneau lors de diverses réunions (notamment au CTP), et notre obstination a payé sur certains points : le nombre d’heures nécessaires pour prétendre à la contractualisation a évolué favorablement pour les vacataires , et la DASCO a finalement adopté notre idée de « grille »  d’évaluation permettant le classement des candidats selon des critères d’ancienneté,  de démarche professionnelle (avis du directeur de Centre) et de qualification.  La DASCO ajoutait à cela une autre condition avec laquelle nous nous sommes déclarés en désaccord : une épreuve orale de 20 minutes devant jury .

Le nombre des contractualisations, qui était de 30 en 2009, passait à 50 en 2010. En ce qui concerne les titularisations « sans concours » , la formule était également modifiée : grille d’évaluation semblable à celle en vigueur pour la contractualisation et, si le candidat était retenu, « inspection » sur site.

Cependant, nous avons constaté qu’il existait encore un certain nombre de vacataires qui travaillent dans les Centres de loisirs depuis 4, 5 ou 6 ans (voire plus), et qui donnent professionnellement satisfaction, qui échouent à l’examen OSCAV, ou qui ne s’y présentent même pas . L’UNSA ANIMATION a demandé à l’administration que ces vacataires-là soient identifiés et puissent être contractualisés selon une procédure accélérée, et sans examen.

Nous pouvons dire que pratiquement tous les aspects positifs des nouvelles dispositions sur la contractualisation sont dus aux efforts permanents de notre section syndicale, aux interventions de nos élus au CTP, à notre obstination lors des réunions avec l’administration, à nos interventions publiques sur ce sujet.  Il reste néanmoins plusieurs points noirs, sur lesquels notre action doit continuer : le nombre de postes offerts au concours à l’échelle 4 est en baisse (100 postes en 2009, 30 postes en 2010…) ; la titularisation à l’échelle 3 ne se fait pas dans des conditions de « transparence » satisfaisantes  ; l’administration a refusé la présence des élus paritaires lors des épreuves orales de contractualisation. Enfin, la situation salariale des contractuels est toujours aussi insupportable : pour un travail similaire à celui d’un titulaire, ils perçoivent un traitement proche du SMIC (1100€ par mois) : dès 2008, nous réclamions le versement des IAT (IAT1 et IAT2) aux contractuels. Ce combat doit continuer jusqu’à satisfaction.

Le temps partiel en question

Il existe pour les animateurs, selon la réglementation, des possibilités de temps partiel à 50%, à 80% et à 90%. Un nombre important d’animateurs utilisent le temps partiel à un moment ou un autre de leur carrière, souvent à l’occasion de la naissance d’un enfant, mais aussi pour toutes sortes de raisons parfaitement légitimes (nous ne pensons pas que le travail doit être l’unique horizon de la personne humaine, loin de là !)

Le temps partiel a connu ces dernières années un succès certain, et nous avons vu se développer çà et là des velléités de restriction de ce droit, au nom des « nécessités du service ». L’attaque la plus significative contre le temps  partiel a eu lieu à la fin de l’année scolaire 2008-2009 dans la CAS 10-19, et a concerné les SSE et les animateurs. Un responsable de cette CAS avait affirmé, lors de plusieurs réunions, que les directeurs de Centre qui demanderaient à l’avenir un temps partiel à 90% pourraient voir leur poste de direction à l’année remis en question. Dès le mois de février, l’UNSA ANIMATION intervenait fermement auprès de la DASCO sur ce sujet, et publiait un communiqué défendant le droit pour les directeurs de Centre de prendre un 90% sans pour autant risquer des représailles . A cette occasion, nous avons pu constater que la position du SRH (Service des Relations Humaines) de la DASCO était pour le moins ambiguë, puisqu’il semblait privilégier une position de « défense de l’intérêt du service » (telle qu’il l’interprétait) contre la réglementation même . La situation s’envenimait un peu plus à la suite d’attaques contre notre syndicat proférées par le Chef de la Circonscription 10-19 . Nous avons répliqué publiquement à ces attaques, et affirmé notre opposition de toute remise en question du droit au temps partiel. Suite à nos interventions, les demandes de temps partiel (en particulier à 90%) ont finalement été acceptées.

Les « nécessités de service », telles que les interprète l’administration , et les droits des agents, ainsi que leurs conditions de travail et de vie, ne font parfois pas bon ménage. La bataille du temps partiel est loin d’être gagnée, et d’autres tentatives d’ « encadrement » de ce droit pourraient voir le jour : c’est de notre devoir de syndicat d’être extrêmement vigilant, et de réagir rapidement à toute atteinte à nos droits. C’est ce que nous enseigne cet épisode.

BCD-EPL : quel avenir ?

Y a-t-il une « crise » des BCD-EPL ? On peut en tout cas se poser la question, au vu des événements de ces derniers mois. Mais si crise il y a, on peut dire également que c’est la DASCO qui la provoque en grande partie. C’est – nous en avons parlé plus haut – l’interdiction du cumul directeur de Centre/animateur lecture. C’est le gel des primes de plus du tiers des bécédistes (les directeurs autorisés à conserver leur cumul). C’est le montant ridicule de la prime accordé aux animateurs lecture (32,96€). C’est la non-reconnaissance de tout temps de préparation des ateliers. C’est le projet de la DASCO de supprimer ou de fragmenter le seul temps de préparation des BCD-EPL officiellement reconnu . C’est enfin l’inquiétude sur l’avenir des BCD-EPL, et le profil des missions de l’animateur lecture qui ne semble plus satisfaire la DASCO.

La fragmentation du temps de préparation devait être avalisée au CTP du 29 juin 2010. Le boycott surprise (à notre initiative) de ce CTP par l’UNSA et la CGT n’a pas permis à la DASCO de mettre en place son projet pour cette année. L’UNSA ANIMATION et la CGT ont rencontré Hélène Mathieu (et les responsables du Centre Paris Lecture) en juillet 2010 à propos des BCD-EPL. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette réunion ne nous a pas beaucoup éclairé sur l’avenir de la « spécialité ». Au delà de déclarations d’intention persistantes mais confuses sur le « tout BCD » (les BCD-EPL devraient fonctionner en permanence – dès le début septembre, si c’était possible…-, y compris durant toute la journée de Centre de Loisirs, y compris l’été…), d’insinuations sur le travail que font actuellement les animateurs lecture (il semblerait qu’ils n’aient pas vraiment « compris » leurs missions, et qu’un « recadrage » pourrait être utile…), la DASCO n’a pas présenté un projet cohérent qui serait différent du fonctionnement actuel, ni des perspectives d’avenir claires .

On comprend donc le malaise de nombreux animateurs lecture (et ce ne sont pas les projets fumeux avec la DAC qui vont le dissiper). Symptomatique de ce malaise : le fameux « inventaire » réclamé en cours d’année par la DASCO, et que cette dernière a toutes les peines du monde à obtenir. Notre section syndicale est intervenue à trois reprises (dans trois communiqués publics) pour poser le problème de cet inventaire en relation avec la situation globale des animateurs lecture .  Cet épisode pose en particulier le problème du temps de travail des animateurs hors de la présence des enfants (et de l’explosion par beaucoup des fameuses « 60 heures »), dont nous parlons plus loin.

Le temps de travail des animateurs : un combat permanent

La bataille pour faire reconnaître le temps de travail des animateurs comme un « temps complet » a été longue, et l’on peut considérer qu’elle n’a jamais cessé, et qu’elle dure encore. Entre 1983 (date de la création du corps des animateurs titulaires) et 2001, aucun texte n’existait vraiment sur le temps de travail des animateurs. En 2001, grâce à l’obstination syndicale , un accord réglementant ce temps de travail était conclu entre la Ville et les syndicats, prévoyant que le temps de travail des animateurs était de 32 heures  (temps de travail en présence des enfants). Les animateurs obtenaient 6 jours de congé supplémentaires, en compensation de 60 heures de travail annuelles hors de la présence des enfants. Ces « 60 heures » était une estimation « à la louche » (elles concernaient tous les animateurs, quelles que soient leurs fonctions), mais correspondaient à un temps de travail devant être réellement effectué (heures de réunion, heures de formation…)

L’UNSA ANIMATION considère que cet accord de 2001 est un compromis favorable aux animateurs, et qu’il est hors de question de remettre en cause les attendus globaux de cet accord, en particulier la question des « 32 heures » : les animateurs sont des agents à temps complet, malgré les diverses insinuations de responsables de la DASCO et de la Ville qui à certaines occasions ont voulu faire croire le contraire .

Cependant, depuis 2001, notre profession a évolué, et notre charge de travail également. Si le nombre d’heures passées par les animateurs en présence des enfants n’a pas changé, en revanche le temps de travail hors de la présence des enfants a considérablement évolué. Les projets ne sont plus les mêmes qu’auparavant : leur élaboration, leur mise en place, leur suivi entraînent un travail beaucoup plus conséquent. Si le travail des Centres de loisirs, et la qualité de l’accueil et des prestations offerts aux enfants, se sont améliorés, sont devenus plus structurés, plus cohérents, la charge de travail pour fournir tout cet effort d’amélioration du service public a aussi augmenté. Et l’administration n’en a jamais pris la mesure!

L’UNSA ANIMATION a à diverses reprises  insisté sur le fait que les « 60 heures »  ne correspondaient plus à la réalité du travail des animateurs. Le bilan de l’ARTT (Aménagement de la Réduction du Temps de travail) établi dans les différentes directions de la Ville en 2009 a donné l’occasion à notre syndicat de réagir à ce que l’administration présentait comme un « bilan partagé »  et de préciser les analyses et les revendications de notre syndicat sur ce problème. En prévision de la tenue du CTP de la DASCO du 1er février 2010, l’UNSA ANIMATION présentait un texte intitulé : « A propos du temps de travail des animateurs. Contribution de l’UNSA ANIMATION pour la reconnaissance du temps de travail réel des animateurs. » Ce texte, présenté à la DASCO lors d’une réunion le 22 janvier 2010, était diffusé quelques jours plus tard à l’ensemble des animateurs.

Outre l’analyse des fondements des « 32 heures » , ce texte démontrait que les « 60 heures » ne correspondaient plus au temps de travail réel des animateurs. En particulier, il exposait le lien entre certaines fonctions exercées (directeur de Centre et RPA) et le nombres d’heures supplémentaires effectuées au-delà de ces 60 heures . Il se prononçait pour une véritable  prise en compte de ces heures, impliquant d’une manière ou d’une autre leur comptage et leurs rémunérations. Le CTP du 1er février n’a pas permis d’aller plus loin sur ce dossier, la DASCO faisant la sourde oreille. Néanmoins, pour l’UNSA ANIMATION, il s’agit d’un dossier prioritaire à traiter : nous ne pourrons pas continuer longtemps à endurer des charges de travail supplémentaires sans aucune compensation. A ce sujet, l’exaspération des animateurs est grande.

Devant l’autisme de la DASCO sur ce problème, l’UNSA ANIMATION faisait en juin 2010 une proposition permettant de commencer à avancer sur ce problème des 60 heures : le passage de 60 heures à 90 heures compensées pour les directeurs de Centre et à 75 heures pour les RPA, donnant lieu à des jours de congé compensatoires (3 jours pour les directeurs, 1 journée et demie pour les RPA) – qui serait une reconnaissance d’un travail déjà effectué.  Cela ne couvrirait encore pas l’ensemble du temps de travail effectué, mais ce serait déjà une compensation significative.

L’avenir des SSE

L’UNSA ANIMATION regroupe en une seule section syndicale les professionnels de l’animation de niveau B et de niveau C , c’est-à-dire les animateurs (avec leurs différentes fonctions : animateurs, animateur BCD-EPL, animateurs des Centres Ressources, RPA, directeurs de Centre), des « assistants éducatifs » (Action Collégien), des animateurs sportifs, des SSE.

Les SSE forment l’encadrement de la filière animation : au niveau des CAS, ils gèrent les personnels (congés, formations, affectations, recrutement…), ils conseillent et « contrôlent » les Centres de loisirs (RAE « pédagos »…), ils sont en charge des différents dossiers concernant le péri-scolaire (BCD-EPL, cantines, goûters « récréatifs », études, Coup de pouce…) et la filière animation en général (PAI/PPS, animations, CLE…), ils proposent, gèrent, conduisent des projets dans le secteur de l’animation et de la politique de la Ville… Bref, ils s’occupent d’animation et de pédagogie… C’est ce que nous appelons le « cœur du métier », ce qui relie les SSE à leur histoire, à leur formation, à la filière animation. Or, depuis déjà quelque temps, un certain nombre de postes de SSE est employé à des missions qui s’éloignent de ce « cœur du métier » : postes administratifs, passages dans les sections finances, appro, relations humaines – sans oublier la tendance qui consiste à employer des SSE pour s’occuper des « cellules de remplacement » -, ce qui créée un « mal-vivre » professionnel de l’encadrement B, dont la définition des missions est de plus en plus difficile à cerner – d’autant plus que l’éparpillement de ces missions accroît la charge de travail des personnels continuant à travailler dans la section Action Educative des CAS. L’UNSA ANIMATION a interpellé la DASCO et la Ville sur ces problèmes : comme d’habitude, un groupe de travail a été promis, qui n’a toujours pas vu le jour.

L’UNSA ANIMATION s’est prononcée depuis plusieurs années pour l’intégration des SSE dans le corps des SA (Secrétaires Administratifs), avec une spécialité « animation ».  Notre section syndicale a lancé une consultation chez les SSE pour leur demander leur avis sur la question : la quasi-totalité des SSE qui ont répondu se sont prononcés pour cette intégration. Cette position n’est pas en contradiction avec ce que nous avons dit sur le « cœur du métier » : d’un côté, il y a la nature des missions des SSE (ou des futurs SA spécialité animation), et de l’autre le statut des personnels et leur position dans l’administration parisienne. L’intégration chez les SA permettrait une plus grande facilité de « migration » des agents qui le souhaitent vers d’autres secteurs de l’administration parisienne . L’affaire n’est pas jouée : certains syndicats (la CGT et l’UCP) sont opposés à cette intégration, mais l’administration vient de s’y déclarer favorable. L’UNSA ANIMATION continuera à négocier et à intervenir pour cette intégration, qui recueille l’approbation de la grande majorité des SSE , et pour que les détachements des SSE vers d’autres secteurs de la Ville soient facilités, y compris par des mesures statutaires.

La grève du 14 mai 2010 : une occasion pour la relance des revendications

Au début de l’année 2010, l’administration annonçait, sans aucune concertation avec les organisations syndicales, que cette année encore  le pont de l’Ascension serait généreusement offert aux familles et aux enseignants, et que le mercredi 12 mai serait une journée de classe, le Centre de loisirs étant transféré au vendredi 14. Cette décision provoquait la colère des animateurs, et de nombreux agents faisaient appel à notre syndicat pour proposer une journée de grève pour ce jour-là. En soi, ce n’était peut-être pas un motif suffisant pour faire grève, et certains n’ont pas manqué de nous le rappeler . Cependant, ce transfert du mercredi au vendredi était hautement symptomatique de la place que la Ville de Paris conférait à l’animation : une place de « bouche-trou », un pion secondaire que l’on déplaçait sur un échiquier – et la protestation de la profession contre cette manière de la traiter était légitime, y compris par la grève. Après un « sondage » auprès d’un certain nombre d’animateurs, le Bureau de l’UNSA ANIMATION décidait le 22 mars 2010 de déposer un préavis de grève pour le vendredi 14 mai. Au delà de la protestation contre le manque de concertation de la DASCO, cette grève devait être pour nous l’occasion de mettre en avant les revendications fondamentales de notre profession

Dans un tract diffusé fin mars (« Appel à la grève »), l’UNSA ANIMATION soulignait toutes les inquiétudes et les interrogations qui motivaient en partie l’exaspération des animateurs (perspective de l’école le mercredi matin, alourdissement de la charge de travail sans aucune compensation , déconcentration de la DFPE  dans les CAS,  perspectives professionnelles bouchées, évolution inquiétante du travail des SSE …), tout en articulant des demandes spécifiques et précises : octroi d’un jour de congé supplémentaire en cas de modification du calendrier scolaire, rééquilibrage des périodes d’été , retrait de la note Moisan sur les congés …

La grève fut massive  dans tout Paris : la plupart des Centres de loisirs furent fermés. Cela témoignait de l’ampleur du « ras-le-bol » des animateurs, non seulement devant le fait que la DASCO considérait l’animation comme un « bouche-trou », mais face au constat que depuis plus d’un an plus rien n’avançait à la DASCO : plus aucune revendication ou demande du secteur de l’animation n’était prise en compte, la plupart des propositions syndicales allait à la poubelle ou ne rencontrait aucun écho. Ces constatations ont été confirmées lors de l’audience accordée par Colombe Brossel à l’UNSA ANIMATION le 18 mai : l’Adjointe au Maire n’a pas été en mesure d’apporter la moindre réponse satisfaisante à nos propositions et à nos revendications.

Alors, la grève du 14 mai a-t-elle été une grève pour rien, comme le dit un autre syndicat ? Nous ne le pensons pas, et d’ailleurs aucun animateur ne nous en a fait le reproche. Cette grève a été l’occasion de relancer les revendications globales du secteur de l’animation. Elle a été également un test grandeur nature de la capacité de mobilisation des animateurs, et ceci à l’appel d’un seul syndicat : c’est un point décisif qui, s’il n’a pas eu des conséquences immédiates, aura à terme des répercussions sur la manière dont la DASCO perçoit les luttes des animateurs et la représentativité des différents syndicats . Nous devons considérer cette grève comme une étape réussie des mobilisations à venir. Dans le tract de bilan de la grève du 14 mai, l’UNSA ANIMATION articulait clairement toutes les revendications prioritaires pour la période : déprécarisation des vacataires, reconnaissance des temps de travail hors de la présence des enfants, IAT pour les contractuels, revalorisation de l’IAT2, extension de la catégorie B de l’animation… Le tract appelait à l’ouverture de négociations sur tous ces thèmes dès septembre, et concluait, en s’appuyant sur le succès de la grève du 14 mai : « Si la DASCO continue à faire la sourde oreille et n’engage pas rapidement des discussions sérieuses, l’UNSA ANIMATION appellera les animateurs à se mobiliser à nouveau lors du dernier trimestre de l’année et à s’engager résolument dans des actions offensives. »  Nous y sommes, et dans le timing que nous avions imaginé…

Le conflit des retraites

Le monde de l’animation n’est pas un monde clos, fermé aux problèmes qui se posent à l’ensemble de la société française. L’UNSA ANIMATION ne s’est jamais concentré exclusivement sur nos problématiques propres : à chaque occasion, nous avons pris position et nous sommes engagés dans les luttes sociales qui dépassaient largement notre secteur d’activité. Nous avons appelé les animateurs à se mobiliser le 23 novembre et le 14 décembre 2009, avec les autres agents de la Ville , et ces grèves ont payé sur deux plans qui concernent les animateurs : l’augmentation des promotions (ratio promus/promouvables) et l’augmentation de l’Allocation Prévoyance Santé.

Dans le cadre des mobilisations nationales, nous ne nous sommes pas contentés de transmettre les consignes des syndicats nationaux, mais nous avons, à chaque occasion, pris position en tant que syndicat de l’animation pour soutenir ces mouvements. Ainsi, nous avons appelé les animateurs à participer à la journée d’action et de manifestation du mardi 23 mars 2010, prélude au conflit sur les retraites qui allait secouer tout le pays dès la rentrée de septembre.

Les animateurs, comme tous les habitants de ce pays, sont concernés pleinement par le mouvement contre la loi injuste du gouvernement Sarkozy. L’UNSA ANIMATION a donc été partie prenante de cette lutte, en appelant les animateurs  à se mobiliser lors des journées nationales de grève (mardi 7 septembre, jeudi 23 septembre, mardi 12 octobre, jeudi 28 octobre), et à participer aux manifestations, y compris celles des samedis 2 et 16 octobre. Le fait que les syndicats de la Ville (y compris l’UNSA) aient appelé à des grèves reconductibles dans tout Paris nous a amené à préciser notre position dans un texte diffusé le 13 octobre : nous pensions que les conditions n’étaient pas réunies pour lancer des grèves reconductibles efficaces , notamment dans l’animation  – à cause de la faible mobilisation des agents parisiens.

L’Intersyndicale, au niveau national, appelait de nouveau à une journée de grève et de manifestations le jeudi 28 octobre, pendant les vacances scolaires. C’était l’occasion pour les animateurs d’exprimer de façon visible et autonome leur opposition au projet de loi du gouvernement. A cette occasion, nous avons diffusé un tract intersyndical d’appel à la grève  (avec la CGT et FO). Le délai pour mobiliser les animateurs a été particulièrement court (diffusion du tract trois jours avant la grève), et dans ces conditions nous considérons que cette grève a été un succès : plus de 200 Centres fermés et 40% des animateurs en grève . Pour nous, cette grève est très significative, encore une fois, de la capacité de mobilisation des animateurs, en particulier sur une journée qui a pris, au niveau national, les aspects d’un « baroud d’honneur ».  C’est notre message collectif en phase avec le mouvement national, mais c’est aussi un message à la DASCO et à la Ville de Paris, qui exprime que les animateurs pourraient se mobiliser de manière encore plus forte sur leurs revendications propres.

L’unité syndicale

Les combats qui ont précédé le Congrès de mai 2009 – pour l’IAT2 et contre le SMA – ont été des combats intersyndicaux. C’est l’UNSA ANIMATION qui a été à l’initiative de cette unité syndicale, et notre section syndicale, à toutes occasions, s’est déclarée favorable à l’unité syndicale, pour peu que nous nous mettions d’accord sur des revendications communes. Dans cette perspective, notre principal partenaire est la CGT, deuxième syndicat de l’animation , mais FO nous a également rejoint à plusieurs reprises. Certaines actions ou prises de position depuis un an et demi ont été intersyndicales, toutes prises à notre initiative (pétition contre les « mesures brutales de la DASCO », position contre la « part variable » de l’IAT2, boycott du CTP de la DASCO en juin 2010, appel à la grève du 28 octobre), d’autres pas (en particulier la grève du 14 mai 2010).

Notre position est claire : chaque fois qu’il est nécessaire, et avant toute action prévue pour défendre nos revendications, nous appelons à l’unité syndicale et contactons la CGT. Nous avons avec ce syndicat des réunions de travail régulières, et chaque fois qu’un accord est possible, nous cherchons toutes les voies (et les compromis) possibles pour l’obtenir, dans l’intérêt des animateurs. Mais pour nous, l’unité syndicale n’est pas un carcan : l’UNSA ANIMATION doit continuer à intervenir à chaque occasion de façon autonome et défendre ses analyses et ses propositions. C’est notre responsabilité de syndicat majoritaire d’être force de propositions et moteur de l’action. Si l’unité syndicale n’est pas possible, pour une raison ou une autre, cela ne doit pas être un frein à une mobilisation ou une action prévue, à des propositions, pourvu que l’analyse des rapports de force est correctement faite.

En juin, lors des réunions qui ont débouché sur le boycott du CTP, l’UNSA ANIMATION et la CGT s’était donné rendez-vous en septembre pour envisager de lancer une mobilisation des animateurs sur un programme de revendications précis. L’analyse de nos deux syndicats convergeaient sur les points suivants : nous étions dans une situation de blocage total de nos propositions de la part de la DASCO, et seule une mobilisation des animateurs organisée un peu après la rentrée pourrait faire sauter le « verrou », dans la perspective de négociations. Deux réunions ont eu lieu avec la CGT après la rentrée scolaire : nous sommes tombés d’accord sur les principales têtes de chapitres de nos revendications (même si des divergences subsistaient sur l’analyse de certains dossiers) et sur la nécessité d’actions de grève concrètes, dès que le conflit des retraites serait terminé. Or, peu après ces réunions, la CGT nous a fait faux bond : ils ont finalement refusé de co-signer un tract qui aurait scellé aux yeux des animateurs l’unité syndicale pour la lutte à venir, et également repoussé un communiqué intersyndical que nous leur avions proposé (et dont ils avaient accepté le principe dans un premier temps). La CGT a exprimé par ailleurs son souhait de ne pas engager de mobilisation avant 2011, manifestant dans cette affaire une attitude attentiste. Dans ces conditions, nous avons diffusé quand même le tract en question , et lancé des mots d’ordre de mobilisation pour le mois de décembre. La CGT a annoncé par la suite qu’elle refusait de s’associer au mouvement que nous lançons sur les mercredis de décembre . L’UNSA ANIMATION est à l’heure actuelle en capacité de lancer seule des mots d’ordre de mobilisation (nous l’avons remarqué lors de la grève massive du 14 mai). Nous considérons que la recherche de l’unité syndicale ne doit pas être un frein à notre action : cependant nous proposons toujours à la CGT (et à FO) de nous rejoindre dans la mobilisation.

La catégorie B de terrain au point mort

Un dossier important de nos revendications n’a pas progressé en 2009-2010 : la catégorie B de terrain. Le relevé de conclusions des discussions avec l’administration sur l’IAT2 mentionnait pourtant une « expérimentation » de la catégorie B de terrain. Nous n’avons eu, durant la période concernée, aucune intervention autonome à ce sujet, et c’est sans doute un tort. Nous avons néanmoins rappelé cette revendication sur tous nos tracts, mais nous n’avons pas pris le temps d’approfondir cette question et d’articuler des propositions concrètes ou nouvelles à présenter à l’administration. Ce dossier n’a donc pas progressé d’un pouce. Il figure à présent dans l’agenda social 2011 de la DASCO, et doit donc faire l’objet de discussions avec les syndicats. Ce devra être un axe important de nos revendications dans les mois à venir : à nous tous d’en débattre et de préciser nos positions et nos propositions sur cette question.

La situation actuelle : l’appel à la grève les mercredis 1er, 8 et 15 décembre

Nous avons déjà évoqué l’autisme quasi-total de la DASCO en ce qui concerne les revendications des animateurs depuis des mois. Nous pensons que seule une nouvelle mobilisation des animateurs peut contraindre la DASCO à « bouger » et à entamer des négociations sérieuses. Durant les mois passées, nous avons discuté (et déjà présenté à diverses reprises) les divers dossiers que nous pensions devoir être traités en priorité. La question qui se posait dès la rentrée était : quand lancer la mobilisation, et sous quelles formes  ? Le conflit des retraites semblait devoir retarder toute action autonome des animateurs : de nombreux agents avaient participé aux journées de grève, et la situation financière de certains d’entre eux rendait difficile tout nouveau mouvement dans l’immédiat.

Nous avons tenu néanmoins  de diffuser des éléments de notre plate-forme revendicative dans un tract assez offensif (« la négociation et le conflit »), sans préciser dans ce texte le timing exact de notre action .  Le texte exigeait de la Ville un « calendrier de négociations » qui concernerait les dossiers suivants : 1) plan de déprécarisation des vacataires ; 2) IAT pour les contractuels ; 3) revalorisation de l’IAT2 ; 4) prise en compte du temps de travail réel des animateurs hors de la présence des enfants ; 5) possibilité pour les titulaires et contractuels d’assurer des périodes discontinues en été ; 6) catégorie B de terrain. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce « programme » s’inscrit dans la ligne directe de toute notre action et de toutes nos propositions depuis le Congrès de mai 2009.

Un élément décisif a précipité les choses : nous avons pris connaissance de l’ « agenda social » de la directrice de la DASCO, Hélène Mathieu, qui consignait les points à « discuter » (négocier ?) avec les syndicats. Et sur cet agenda social ne figurait qu’un seul des six points que nous avions développé : l’ « expérimentation » de la catégorie B de terrain . Malgré ses grands discours sur le « dialogue social », la Ville de Paris perdurait dans l’autisme : tous les autres points, les autres dossiers étaient balayés, oubliés !  Certaines de nos revendications nécessitaient, si on voulait les voir aboutir, d’être inscrites dans le budget de la Ville, qui se vote à la mi-décembre. Sinon, tout est décalé d’un an… L’attitude de « non-dialogue » de la DASCO a conduit notre section syndicale à envisager des actions immédiates. Le Bureau de l’UNSA ANIMATION s’est réuni le 9 novembre (en session extraordinaire) et a décidé, sur proposition de Jean-Pierre Lubek, Secrétaire de la section,  de déposer des préavis de grève pour les mercredis 1er, 8 et 15 décembre 2010 . Une « Lettre ouverte à Hélène Mathieu, directrice de la DASCO » était diffusée le 10 novembre, expliquant notre position .  Le jeudi 18 novembre, une délégation de notre syndicat était reçue par Colombe Brossel : lors de cette réunion, des perspectives claires de « déblocage » du dialogue social ont été esquissées. Des négociations sur tous les sujets que nous avions avancés ont été proposées, nous laissant espérer que la DASCO, après des mois d’autisme social, était enfin disposée à dialoguer et à accepter des avancées concrètes pour les animateurs et l’animation. Nous avons souligné que notre Congrès avait lieu en pleine actualité sociale de l’animation : pour la première fois depuis un an et demi, il semblerait que le dialogue social avec la DASCO pourrait reprendre sur plusieurs dossiers importants pour les animateurs. Cette reprise du dialogue – encore fragile – est le fruit de notre attitude offensive pour débloquer la situation (préavis de grève sur trois mercredis en décembre), de notre pragmatisme en matière de conflit (suspension de la grève dès lors que les négociations s’engagent sur des bases acceptables). C’est également le fruit de notre action depuis mai 2009.

D’autres éléments auraient pu être ajoutés à ce bilan, par exemple l’action des élus de l’UNSA ANIMATION au sein des instances paritaires (CAP, CTP, CHS ). Rappelons également que l’UNSA ANIMATION est intervenue à diverses reprises auprès de la DASCO (y compris dans le cadre du CTP) pour réclamer que soit installé dans toutes les écoles un accès à Intranet pour tous les personnels de la Ville. Cet accès à Intranet, grâce à notre intervention, est en train de se généraliser dans toutes les écoles parisiennes .

Conclusion très provisoire

Ces « Eléments de bilan » que nous venons de présenter démontrent, à notre sens, que si nous nous sommes heurtés durant la période récente à une fin globale de « non-recevoir » à nos revendications de la part de la DASCO, notre section syndicale a été présente sur tous les fronts et est intervenue chaque fois que c’était nécessaire sur tous les problèmes qui se posaient.  Nous avons souligné en même temps notre forte progression en termes de nombre d’adhérents mais aussi de réseau de sympathisants et d’influence globale, mais aussi notre faiblesse organisationnelle, notamment sur certaines CAS (en particulier la 7-15 et la 16-17). Notre effort pour l’avenir doit être double : consolidation des positions acquises, et travail de terrain en direction des secteurs géographiques où nous sommes encore peu présents.

L’un des éléments décisifs de notre influence et de l’impact de nos propositions est sans conteste notre capacité de communication : nous nous sommes expliqués par voie de tract (diffusés via les boites mail des directeurs de Centre et des RPA, mais aussi en version papier distribués dans les CAS) à chaque occasion marquante. Chaque rencontre avec l’administration a fait l’objet d’un compte-rendu, souvent public, parfois interne (par la voie du « Bulletin destiné aux adhérents »).  Cet effort de communication doit se poursuivre et s’amplifier, notamment par la mise en route d’un site Internet de l’UNSA ANIMATION.

Un autre élément important est notre capacité d’écoute et d’adaptation : l’UNSA ANIMATION n’a pas, ou en tout cas essaye de ne pas avoir de positions figées ou dogmatiques. Nos positions sont le fruit d’un va-et-vient d’idées permanent entre les animateurs et notre section syndicale, à travers des réunions (les réunions de formation, par exemple) et les multiples contacts que nous tissons avec tous les secteurs de l’animation. L’UNSA ANIMATION est un syndicat pluraliste, où toutes les propositions des adhérents sont examinées, et peuvent être intégrées à notre démarche pour peu qu’elles recueillent l’approbation des militants,  après discussion et débat.

L’UNSA ANIMATION manifeste également une réactivité certaine face à tous les problèmes qui peuvent se poser aux animateurs, et cette réactivité est souvent immédiate . En outre, nous essayons de proposer dans nos tracts de véritables analyses, qui sortent des sentiers battus des slogans syndicaux, et nous distinguent ainsi de la littérature des autres organisations syndicales.

Aux adhérents à présent d’apprécier l’action de l’UNSA ANIMATION durant cette période. Ce « bilan » est également celui du Bureau sortant de notre section syndic