RÉSOLUTION D’ORIENTATION

Résolution d’orientation

Avertissement

La résolution d’orientation n’est pas une charte revendicative même si elle doit bien sûr  être cohérente  avec les revendications portées par l’UNSA Animation.

Elle vise surtout à donner des pistes de réflexion et des indications d’orientation sur des sujets qu’il nous semble important à traiter dans notre champ professionnel pour les années qui viennent. Ce texte peut faire l’objet d’amendements visant à le préciser ou à le compléter durant le Congrès. Chaque adhérent peut proposer des amendements à ce texte. Ils seront soit intégrés directement au texte par le Bureau Syndical avant le Congrès, soit soumis au débat lors du Congrès.

D’abord un petit retour sur le passé

L’UNSA Animation a en 2013 soutenu la réforme des rythmes scolaires à Paris sur la base d’un accord avec le Maire de Paris, Bertrand Delanoë qui portait sur quatre points principaux :

1/ Création d’un corps de catégorie B pour les directeurs de centres

2/ Création de 1000 emplois de titulaires pour faire face aux besoins de la réforme

3/ Limiter l’emploi précaire dans l’animation

4/ Donner la responsabilité directe des services périscolaires aux animateurs municipaux.

Ces quatre points ont été énoncés clairement par le secrétaire de l’UNSA Animation lors de la dernière conférence qui s’est tenue à Paris le 25 février 2013 en présence du Maire de Paris

L’accord passé par l’UNSA Animation en 2013 (seul syndicat animateur à avoir défendu la réforme) avec le Maire de Paris Bertrand Delanoë et repris à son compte  par Anne Hidalgo à partir de 2014 a-t-il été respecté ?

1/ création du corps de catégorie B (R.E.V.) :

Aucun emploi budgétaire en 2012, 175 emplois budgétaires en 2013,  412 emplois budgétaires en 2014, 455 emplois budgétaires en 2016, 1 R.E.V. par école prévu pour 2019 soit plus de 600 postes budgétaires (concours déjà engagés).

2/ Création de 1000 emplois de titulaires (Adjoints d’Animation) :

2004 emplois budgétaires en 2012, 2716 emplois budgétaires en 2013, 3627 emplois budgétaires en 2016.

3/ Limiter l’emploi précaire :

Création de 1620 emplois contractuels à temps partiel

Chiffres émanant du rapport de la Mission d’Information et d’Evaluation : rapport  sur la politique dédiée au périscolaire à Paris (avril 2016)

4/ Donner la responsabilité directe des services périscolaires aux animateurs municipaux.

Les R.E.V. gèrent directement l’ensemble des services péri et extrascolaires à l’exception des Coup de Pouce/ALEM et des Ateliers Bleus.

Nous devons donc considérer d’une manière totalement objective que les quatre engagements pris par la Mairie de Paris à l’égard du syndicat UNSA Animation ont été tenus.

Des centaines de personnes investies dans le champ de l’animation à Paris ont bénéficié qu’ils soient responsables de centres ou simples animateurs, d’une amélioration statutaire et salariale.

Si la nomination en catégorie B des R.E.V. offre le plus de visibilité, de nombreux vacataires ont pu, entre 2013 et 2017 améliorer leur situation tant au niveau du montant des rémunérations, des droits et de la stabilité de leur emploi. La filière de l’Animation depuis 2013, s’est structurée, stabilisée et considérablement renforcée. C’est la fierté de l’UNSA Animation d’avoir su prendre seule, isolée, ses responsabilités pour permettre que l’on arrive aujourd’hui à cette situation.

(La CGT, F.O., le Supap FSU étaient contre la mise en place de la réforme et soutenait les enseignants contre la mise en place de la réforme à Paris)

Les rôles, les fonctions ont  aussi considérablement évolués pour s’adapter aux exigences du nouveau projet (PEDT) et ceci à tous les niveaux. Il a fallu « en marchant » amener des correctifs importants, créer les « Directeurs de Point d’Accueil », puis aller petit à petit vers, ce qui semblait évident dès le départ, c’est-à-dire la mise en place d’un R.E.V. par école.

La période 2013-2017 a été un chemin difficile pour les animateurs parisiens, la Ville de Paris affichant des objectifs ambitieux mais souvent décalés des réalités de terrain auxquelles chacun se confrontait quotidiennement (hostilités des enseignants, manque de formation, nouvelles pratiques d’animation dans des conditions matérielles de fonctionnement peu favorables, absentéisme récurent, etc.).

 

Les enjeux pour demain

C’est avec raison que beaucoup de regards se portent déjà sur l’année 2020. Qui sera le prochain Maire de Paris ? Allons-nous vers une continuité de la politique péri et extra scolaires initiée en 2013 ou vers des changements ou des revirements profonds ? Mme Hidalgo qui a déjà annoncé le maintien de l’actuel dispositif d’accueil périscolaires jusqu’aux élections municipales sera-t-elle en situation de pouvoir le pérenniser et, si non, que fera la nouvelle majorité municipale en issue des élections ? L’horizon semble temporairement bouché et l’avenir proche est  par paralysé par cette incertitude. En effet, au regard des dernières élections (présidentielle et législatives) et des « recompositions politiques » intervenues depuis, la possibilité d’une alternance politique à Paris est crédible.

Pour nous cela peut signifier le basculement du système actuel vers autre chose. Se rajoute à ces interrogations la nouvelle donne crée par le gouvernement en Août 2017, facilitant légalement le retour à la semaine de quatre jours. Une alternative qu’un grand nombre de communes a choisie dès la rentrée 2017 essentiellement pour des raisons économiques.

La Ville de Paris aura-t-elle encore les moyens financiers de ses ambitions éducatives ? C’est une vraie question qui se posera et qui risque, plus que l’idéologie, de déterminer à ce moment-là notre avenir professionnel.

2018-2020 : deux ans d’attente ?

C’est ce qui nous guette. Deux ans de gel des initiatives, de statu-quo sur les salaires, les conditions de travail dont une année pré-électorale où le bilan du service public périscolaire risque d’être utilisé d’une manière partisane pour ceux qui prétendent au pouvoir (tout sera critiqué) ou souhaitent s’y maintenir (tout sera sublimé). Préparons-nous à souffrir…

C’est à l’UNSA Animation de faire ce qu’il faut (ou ce qu’elle peut) pour que ces deux années ne soient pas une stagnation des situations, mais soient utilisées pour bonifier ce qui peut encore l’être.

Améliorer la situation des R.E.V.

1/Aller jusqu’au bout de la mise en place du dispositif d’un R.EV. par école auquel s’est engagé la Ville de Paris en veillant à traiter le plus favorablement possible la situation de ceux et celles qui n’auront pas réussi le concours et qui occupent actuellement les postes de R.E.V. intérimaires.

2/ Il faut peser auprès de la DASCO et des Circonscriptions afin que tous les R.E.V. disposent rapidement de leur bureau ou de leur espace propre au sein des écoles. Plus qu’une commodité, ces bureaux de R.E.V. symbolisent matériellement notre présence et notre « reconnaissance professionnelle» au sein des établissements scolaires.

3/ Il faut stopper l’inflation des tâches techniques et administratives qui pèsent de plus en plus sur les R.E.V. afin qu’ils aient le temps d’exercer leur rôle pédagogique vis-à-vis des équipes d’animation et gérer leurs projets au sein des écoles.

4/ Il faut réajuster les moyens humains en fonction de l’importance des structures. La charge de travail pour un R.E.V. n’est pas la même d’un point de vue administratif et organisationnel entre une école de 10 classes et une école de 5 classes.

5/ Il faut valoriser financièrement les affectations des R.E.V. et des animateurs sur les grosses structures et sur les structures situées dans les quartiers difficiles.

6/ Le rôle du R.E.V. comme responsable de l’ensemble des services péri et extra- scolaires doit être défendu quelle que soit l’évolution du dispositif dans l’avenir. C’est un acquis fondamental de la réforme de 2013.

7/ Il faut adapter le rythme de travail des R.E.V. aux besoins réels de leur mission au sein de l’école dans le cadre des temps de travail déjà existants.

Améliorer la situation des animateurs

En ce qui concerne les animateurs titulaires (comme pour les R.E.V.), les progressions salariales émanent principalement soit du changement d’échelon par ancienneté au sein de la grille indiciaire (dit G.V.T. : Glissement Vieillesse Technicité) soit de primes octroyées suite à l’accession à des fonctions nouvelles.

Il faut être bien conscient de la dépendance extrême que nous avons vis-à-vis des décisions gouvernementales. Depuis plus d’une dizaine d’année la politique de « réduction des déficits publics » pèse sur l’évolution des salaires dans la fonction publique (gel de la valeur du point d’indice depuis 6 ans, résultats médiocres obtenus par les organisations syndicales nationales lors des négociations salariales avec le gouvernement).

La tendance est de se « rabattre » sur une augmentation des primes par notre employeur local (la Ville de Paris) pour compenser « le manque à gagner salarial » généré par les blocages nationaux dans le domaine de la revalorisation des grilles indiciaires ou de la valeur du point d’indice. Il faut être bien conscient que cette stratégie a ses limites, ceci d’autant plus que les municipalités sont elles-mêmes mises à contribution par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre les déficits publics (diminution des dotations de l’état aux collectivités locales).

L’actuel gouvernement continue à persévérer dans le même sens, et entend se lancer dans une réforme « profonde » de la fonction publique. Sans que des projets précis soient encore annoncés, le statut des fonctionnaires est en point de mire, les déclarations se succèdent sur la mise en œuvre d’un salaire « au mérite » (avec toute la subjectivité que comporte cette expression).

L’UNSA Animation ne pourra pas, ne devra pas, rester en marge des mouvements, des mobilisations qui ne manqueront pas de se produire  si les intentions gouvernementales se concrétisent, et par exemple, amènent la notion de mérite à se substituer en matière de progression salariale au système d’augmentation à l’ancienneté tel qu’il existe actuellement (remise en question du G.V.T.).

Il faudra donc que l’UNSA Animation trouve sa place dans ces mobilisations et propose pour le secteur de l’animation à Paris des modalités de participation adaptées pour amener sa contribution à la mobilisation générale.

En ce qui concerne les animateurs contractuels, qui constituent les plus bas salaires de par le fait que le temps partiel leur est imposé, il faut  demander à la Ville de Paris, puisque c’est elle qui fixe le montant des rémunérations, une revalorisation sensible des salaires. C’est juridiquement possible et il suffit pour cela de reconsidérer l’indice de base qui est utilisé pour le calcul du salaire. Actuellement c’est l’indice minimum de la Fonction publique qui est appliqué alors qu’il serait logique et moralement nécessaire de leur appliquer l’indice de départ du corps de titulaire qui leur est « afférent » c’est-à-dire celui des Adjoints d’Animation.

Mais notre syndicalisme, s’il est centré sur la défense des intérêts individuels et collectifs des animateurs est aussi celui de la défense des intérêts des enfants qui fréquentent notre service public, de leurs conditions d’accueil et de leur qualité de vie à l’école.

Au niveau des Circonscriptions les CTAE et les CMF :

Le rôle des sections Action Éducative est fondamental pour la coordination des écoles  (coordination administrative, logistique informatique et téléphonique, management et évaluation des équipes d’animation globale sur le territoire, recrutements des vacataires, etc..). Les suppressions de postes ont fortement pénalisé le fonctionnement des Circonscription en particulier lors de la restructuration des CASPE il y a quatre ans.

La DASCO refuse malgré les demandes répétées de l’UNSA Animation l’attribution d’une prime d’été liée à la préparation et à la coordination de C.L.E. Aucun effort n’est fait pour valoriser cette fonction.

De la même manière, la fonction de R.A.E. devrait pouvoir donner, dans des circonstances à définir, l’accès à la catégorie A.

L’UNSA Animation doit persévérer pour la revalorisation des fonctions prises en charge au sein des sections Action Éducative des CASPE.

Un périscolaire sous perfusion financière C.A.F.

Et force est de constater que malgré les intentions louables de la Ville de Paris dans le domaine de l’Action Éducative, la situation est fort inquiétante. La décision d’habiliter progressivement l’ensemble des services périscolaires est bonne si le pari est tenu en particulier en matière de respect des normes d’encadrement. Hors la situation est très diversifiée d’une école à l’autre et aussi selon le type de service rendu (cantines, Temps d’Activité Périscolaire, Etudes surveillées, Centres de Loisirs).

En ce qui concerne les cantines, nous constatons de fréquentes ruptures de normes liées à la volatilité des emplois vacataires et à un vivier qui se raréfie. Cela entraîne, de fait, des interrogations sur la qualification des personnels engagés sur ces services. Selon les termes de l’habilitation, le BAFA est exigé et il est clair que nous sommes loin du compte dans ce domaine.

Tout en reconnaissant la difficulté de pouvoir palier rapidement à l’absence des animateurs sur les différents services, la DASCO refuse, malgré nos demandes, depuis maintenant plus de trois ans que la question est ouverte, de statuer sur la professionnalisation des cellules de remplacement au sein des CASPE. Dotées essentiellement de vacataires ou d’emploi « tremplins » ces cellules vivent sur elles-mêmes, sans outil informatique performant et s’efforcent tant bien que mal de palier aux absences inopinées.

 

Légitimement, la Caisse d’Allocation Familiale de Paris qui subventionne la Ville exerce un contrôle sur le respect des normes, mais aussi sur la vérification du nombre d’enfants accueillis (et non inscrits) puisque le montant versé à la Ville de Paris est calculé sur la base du nombre d’enfants bénéficiaires.

Les cantines scolaires accueillant en moyenne 90% des enfants scolarisés, ce sont donc elles qui amènent, avec les T.A.P., le plus gros apport financier à la municipalité.

Ceci explique la pression énorme qui s’exerce sur la DASCO qui en tant que gestionnaire ne peut se permettre de s’exonérer des termes du contrat au risque de subir des sanctions financières importantes de la part de la C.A.F. .

La DASCO demande donc aux R.E.V. de faire parvenir quotidiennement via Eudonet le nombre d’enfants présent sur le service de cantine pour justifier de la subvention accordée par la C.A.F.. Des rumeurs font état que la C.A.F. exigerait bientôt la liste nominale des enfants présents…

Nous sommes aussi en droit de nous interroger sur les raisons pour lesquelles  les R.E.V. sont mis à contribution sur cette tâche, alors que le recensement des enfants restants à la cantine est normalement dévolu aux directeurs d’écoles qui bénéficient d’une prime pour exercer cette mission. Donc en définitive, pourquoi la Ville de Paris va-t-elle continuer de rémunérer les directeurs d’école pour une mission qu’ils n’auront plus à effectuer puisque ce sont les R.E.V. qui le feront et ceci d’une manière quotidienne ?  Ceci interroge doublement, d’abord sur l’équité de traitement selon le rôle que l’on tient au sein de l’école et ensuite sur le fondement de la rémunération lorsque la prestation prévue n’est plus effectuée. L’indemnité versée aux directeurs d’écoles pour les repas scolaires des enfants était en 2015 de 1 849 431 Euros…

En ce qui concerne les T.A.P., où 90% des enfants de l’école participent, la question du respect des termes de l’habilitation se pose aussi. L’absentéisme lié au vacatariat où au manque de ressources humaines des partenaires associatifs « éclate » souvent en élémentaire la norme de un adulte pour dix-huit enfants et l’exigence en qualification BAFA est rarement respectée.

Cette situation n’est globalement pas rassurante. C’est la première fois dans son histoire que le secteur périscolaire de la Ville de Paris est mis à ce point en dépendance d’un acteur financier extérieur à la Ville de Paris. Certes, sans cet apport, les efforts qui ont été faits depuis 2013 en matière de création et consolidation des emplois d’animation n’auront probablement pas atteint une telle densité. Mais l’apport extérieur est aussi synonyme de fragilité au cas où pour une raison ou une autre le partenaire cherche à se désengager partiellement ou totalement.

En 2015, l’apport de la C.A.F. en subvention pour l’ensemble des services péri et extra scolaires est d’environ 24,4 Millions d’Euros. L’apport nouveau de la C.A.F. qui finançaient déjà avant 2013 l’extrascolaire est de 17,6 millions d’Euros. Les frais de personnel tous services confondus représentent environ 158 Millions d’Euros dont 75 millions uniquement pour le mercredi après-midi, les petites vacances et l’été. (Chiffres émanant du rapport de la Mission d’Information et d’Evaluation : rapport  sur la politique dédiée au périscolaire à Paris (avril 2016)

La Ville voudra-t-elle compenser sur son budget propre pour maintenir le niveau de prestation ?

Il est du devoir de l’UNSA animation de faire remonter auprès des responsables de la DASCO et de la Ville les interrogations que nous procure la situation actuelle.

Les Centres de Loisirs, cinquième roue du carrosse ?

Les Centres de loisirs à Paris ont toujours été le cœur professionnel des animateurs. Moments privilégiés où peuvent se mettre en œuvre les projets pour les enfants, tenter des aventures, mener quelque chose de cohérent et dans la durée avec les enfants.  La coupure en deux du mercredi depuis la réforme de 2013 à réduit les possibilités et les ambitions éducatives et nous sommes quatre ans après à la recherche du bon timing, d’un ajustement de nos pratiques avec le créneau accordé. Aucune réflexion sur ce sujet n’a été impulsée par la DASCO, au contraire de la débauche d’énergie qui s’est cristallisée sur la mise en œuvre des T.A.P..

Le mercredi après-midi devenant temps périscolaire, la menace d’une application des normes 1/14 et 1/18 plane, même si la Mairie de Paris n’a pas encore osé changer la donne. L’UNSA animation doit s’employer à préserver les normes actuelles 1/8 et 1/12 plus favorables pour l’animation et la sécurité des enfants.

Durant les petites vacances scolaires, les conditions d’accueil des enfants en centres de loisirs sont en train de se détériorer très sensiblement sous l’impact des effets conjugués de plusieurs éléments :

  • L’abondance des travaux (travaux d’entretien et de mise aux normes d’accessibilité, travaux de sécurité, travaux d’économie d’énergie, travaux des budgets pédagogiques).
  • Fermetures de cantines par les caisses des écoles afin de faire des économies de personnels.

Le fait de bloquer plus d’un mois avant la période de vacances les ouvertures et fermetures de centres pour satisfaire au timing imposé par Facil’Familles dans le domaine des préinscriptions gèle les situations. De nombreux centres sont fermés alors que les travaux n’ont finalement pas lieu soit parce que les entreprises sont défaillantes soit pour des raisons météorologiques.

Il en résulte que sur certaines Circonscriptions, parfois 40% des Centres de Loisirs sont fermés, les enfants s’entassent par regroupement dans certains établissements, les perspectives d’activités des équipes d’animation sont anéanties par les situations d’accueil détériorées qu’elles doivent supporter.

L’accueil des enfants en Centres de Loisirs dans de bonnes conditions semble ne plus être une priorité pour la Mairie de Paris. Nous sommes la cinquième roue du carrosse. Pourtant ce sont les enfants des familles les plus défavorisées que nous accueillons sur ces temps-là…

L’UNSA Animation doit demander une révision des priorités, la recherche de « garde-fous » en direction des Caisses des Écoles pour maintenir les cantines ouvertes et la recherche d’une solution informatique pour pouvoir réintégrer les centres fermés en « centres ouverts » dès connaissance d’une annulation des travaux. Nous ne devons pas permettre pour les conditions d’accueil des enfants et pour la démarche éducative des équipes d’animation que cette situation perdure.

Améliorer le dispositif dans les accueils de loisirs maternels

Les différentes évaluations de la réforme de 2013 ont pointées du doigt le dispositif mis en place en maternelle. Ainsi, nous aurions pu espérer qu’un effort soit fait par la Ville de Paris pour remettre à niveau la qualité des prestations proposées dans les écoles maternelles. Ce n’est pas le cas et la Ville de Paris ne semble pas souhaiter réinvestir pour améliorer la situation. De nombreux points de disfonctionnements restent sans réponses institutionnelles, ceci malgré la redondance des revendications portées par l’UNSA Animation :

–          Le problème de change des enfants pendant les vacances scolaires et sur les temps d’interclasse n’est toujours pas résolu et met à chaque période de vacances scolaires enfants et animateurs en difficultés. L’UNSA Animation s’est toujours positionnée afin que cette tâche ne soit pas attribuée aux animateurs.

–          Les AREM, recrutés sur des postes de contractuels précaires et peu attractifs, ne sont pas remplacés en cas d’absence. Ces absences non-remplacés désorganise le fonctionnement des écoles de façon récurrente.

–          Les postes budgétaires alloués ne permettent pas toujours d’installer des référents de classes  (1 animateur par classe). Ce fonctionnement par référents apporte des repères aux enfants et lutte contre la multiplicité des intervenants. Outre les dotations de postes insuffisantes, la superposition de contrats à temps partiels à quotités variables, le non-remplacement des agents affecte ce fonctionnement. ; il est pourtant le seul à garantir efficacement la sécurité des enfants.

–          À l’échelle des 660 écoles parisiennes, un nombre important d’ASEM, qui ont subies cette réforme en étant obligées de se transformer en animatrice, souffrent et n’ont que peu de motivation à assumer les tâches d’animation qui leur sont demandées. Il n’a toujours pas été trouvé de moment officiellement admis pour les réunir. Il n’a toujours pas été trouvé de moment pour leur permettre de préparer leurs activités, même si, sur ce point, des annonces ont été faites ; nous attendons qu’elles se traduisent en acte.

–          Les accueils maternels ne profitent pas des budgets participatifs qui permettent des investissements en matériel pédagogique importants. Les budgets annuels sont en baisse et permettent seulement de couvrir les besoins de fonctionnement. Il n’y a plus la place pour des projets nouveaux qui permettraient de se distinguer des activités qui font doublon, par leur nature, avec ce qui est proposé par l’éducation nationale.

–          Récemment, le nouveau règlement de service des gardiens a dégradé encore la qualité du service sur de nombreuses structures, en privant les services d’interclasse d’une ASEM (en remplacement de loge), et en compliquant le contrôle des sorties (la sortie de 16h30 n’étant plus assurée par le gardien titulaire).

 

Sur les accueils maternels de grandes tailles, pouvant compter jusqu’à 30 agents différents, il apparait des problématiques spécifiques. Sur une école 10 classes, les inscriptions obligatoires prennent une autre dimension quand il s’agit de communiquer avec les parents de trois ou quatre classes de petites sections et d’inscrire manuellement toute une partie des familles. C’est en maternelle que ce travail d’éducation, de soutien et d’accompagnement  des parents  est réalisé en grande partie. Les tâches liées à la sécurité sont un travail à plein temps : gestion individualisée des personnes autorisées à venir chercher les enfants, des tarifications, des PAI, des postes PPVP, des régimes alimentaires spéciaux, des changes d’enfants, des remplacements, du contrôle des sorties… Structurellement, les moyens matériels et humains octroyés par la Ville de Paris ne permettent pas d’allier un travail de qualité à un rythme serein. Les équipes s’essoufflent en fonctionnant éternellement à flux tendus et les REV sont contraints, encore plus qu’ailleurs, d’abandonner leur cœur de métier : la pédagogie et le projet.

 

Les conditions d’accueil, les conditions de travail en maternel sont en statut quo depuis 2013 et se dégradent petit à petit. L’UNSA animation devra s’emparer de ce problème et ouvrir le débat sur un avenir plus ambitieux, plus respectueux pour les enfants et les personnels DASCO dans les écoles maternelles.

Formation des animateurs

Depuis 2013, l’UNSA Animation propose la création par l’État, au niveau national d’un C.A.P. Animation (à l’instar du C.A.P. petite Enfance qui existe pour les ATSEM et les Assistantes maternelles) afin qu’une réelle filière de formation professionnelle se mette en place et donne aux animateurs, avant recrutement, une réelle formation professionnelle initiale. Nous le voyons bien, le BAFA et le BAFD ne sont pas des formations suffisantes pour des personnes qui souhaitent faire de l’animation une activité professionnelle dans la durée.

En l’absence d’une telle formation, ce sont finalement les Collectivités Locales qui doivent prendre en charge financièrement cette formation initiale au détriment d’investissements qui pourraient se porter soit sur des formations de perfectionnement ou plus spécialisées, soit sur une amélioration des moyens de fonctionnement des services péri ou extrascolaires.

Cette proposition a obtenu un avis favorable d’une grande partie des élus du Conseil de Paris  mais n’arrive pourtant pas à trouver sa concrétisation. L’UNSA Animation doit continuer à promouvoir la mise en place d’une telle formation initiale.

 

La situation du poste de RPA

Depuis la mise en place de la réforme et la création du poste de DPA, l’administration a décidé l’extinction progressive du poste de RPA. Cependant avec la mise en place des REVI et la constante mutation de la fonction de REV, divers problématiques ont fait surface : l’excroissance des tâches administratives, la multiplication des « partenaires », les responsabilités supplémentaires, avec également les différences de taille entre les structures. L’augmentation des tâches administratives impacte tout particulièrement les « grosses » structures, et les structures « difficiles » (REP+ et REP), en termes de charge de travail pour les personnels. La charge de travail est plus lourde sur ces structures que dans des petites écoles – que ce soit d’ailleurs dans le domaine administratif qu’en termes de gestion des personnels et des groupes d’enfants, d’organisation, de relations avec les familles et avec les partenaires. Ces éléments impliquent de notre point de vue qu’un animateur, dans chaque école soit en position de seconder le REV dans des missions plus étendues que celles des RPA. Cet animateur pourrait avoir des missions d’organisation et administratives sur tous les services périscolaires, avec éventuellement des différences de responsabilités selon la taille des structures. Titulaire du BAFD, il serait en capacité de remplacer le REV en cas d’absence de celui-ci (congés, maladie, formation…) Pour le moment, en ce qui concerne le remplacement des REV, nous travaillons souvent dans le bricolage, et tout dépend de la bonne volonté des uns et des autres : il faut à présent pérenniser cette fonction de remplaçant.  Il s’agirait donc d’une extension des missions traditionnellement dévolues aux RPA, dont le rôle se limitait (théoriquement) au Centre de loisirs. Le « gel » des postes de RPA a généré une situation inéquitable : il est temps de revoir et de transformer cette fonction en tenant compte de la situation actuelle.

 

Nos pratiques syndicales

Un syndicalisme réformiste qui défend ses adhérents, avec des objectifs collectifs atteignables et en phase avec la réalité. C’est ce qui caractérise le mieux le syndicalisme que l’UNSA Animation veut mettre en œuvre au sein de la DASCO.

Un syndicalisme d’adhérents. Un syndicat sans adhérent meurt… Un adhérent « adhère » à des objectifs, à une vision de l’action collective qui génère des résultats effectifs qui transforme la réalité, la sienne et aussi celle des autres. Un syndicat protège, fait respecter le droit individuel et le droit collectif.

Un syndicat fort en adhérents est un syndicat fort en représentativité et fort en négociations avec son employeur. Cet axiome est incontournable.

Les élections professionnelles sont des moments importants pour le syndicat car elles servent à déterminer la représentativité générale du syndicat à la DASCO et sa représentativité dans les diverses structures paritaires (Comité Technique, Commission technique Paritaire, Comité d’Hygiène et de Sécurité) où nous sommes confrontés aux représentants de notre employeur. Il est donc important que l’ensemble des adhérents se mobilise à leur niveau, sur leur école, sur leur Circonscription, pour voter et faire voter l’ensemble des animateurs.

 

Un syndicat écoute ses adhérents, débat avec eux, décide démocratiquement des actions qu’il met en œuvre dans le cadre des structures dont il s’est doté. C’est pour cela que l’UNSA Animation tient aujourd’hui son Congrès.

Le syndicat informe d’une manière privilégiée ses adhérents. Pour ceci, chaque mois, afin d’éviter les coûts générés par l’utilisation du papier, des timbres et de limiter les temps de mise en œuvre par les militants, une lettre numérique est envoyée à chaque adhérent. Il est, à cet effet, constitué une liste mail de distribution « adhérents », actualisée régulièrement. Cette lettre numérique fournit d’une manière synthétique les informations nouvelles ou les explications nécessaires à la compréhension de nos positions et de nos actions.

C’est sur ces bases que l’UNSA Animation s’est développé ces dernières années, c’est ainsi qu’il entend continuer son action auprès des animateurs de la Ville de Paris.

Vis-à-vis de l’employeur, nous ne sommes pas dans la dénonciation outrancière, pas dans la surenchère, nous ne sommes pas pour la multiplication des grèves minoritaires, nous ne sommes pas dans la revendication démagogique qui ne se concrétise jamais mais qui démoralise finalement toujours.

Dans le cadre du dialogue social avec l’employeur, nous recherchons à établir avec lui un diagnostic commun, un constat commun qui doit aboutir à dégager des solutions concrètes face aux problèmes ainsi répertoriés.

Pour autant nous n’excluons pas la grève comme moyen d’action ainsi que toute autre forme de mobilisation des salariés.

Nous sommes favorables à l’unité syndicale pour autant qu’elle se fonde sur une analyse sensiblement similaire de la nature des problèmes à résoudre et des solutions à apporter.

 

Que Vive le syndicalisme

Que Vive l’UNSA Animation

 

L’UNSA Animation